ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

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La bataille de Chéronnée
 
 

L'étape suivante, qui sera décisive pour l'émergence de l'époque hellénistique, c'est celle où Philippe va imposer sa domination sur presque l'ensemble des peuples de la Grèce. En effet, les Athéniens ne se résignent pas à la paix de Philocrate et vont essayer à plusieurs reprises de la remettre en question, et de manière toujours plus vigoureuse dès -340, la tentative athénienne de réunir autour d'elle une ligue défensive, notamment avec Thèbes la béotienne, sera difficile (surtout justement avec Thèbes) et l'alliance conclue de justesse entre les deux villes et les autres alliés ne saura arrêter Philippe II à Chéronée (Chéronée se situe à l'entrée de la Béotie, au nord d'Athènes). C’était une ville stratégique car elle était une voie de pénétration vers Athènes et le Péloponnèse depuis le Nord. Sachons aussi que dès -399 Philippe avait réussi à s'emparer de la ville d'Élatée qui était le seul passage pour entrer en Béotie et donc vers le reste de la Grèce méridionale.

Donc malgré l'alliance thébaine (les Thébains n'étaient pas les moindres des alliés, leur importance militaire est grande, notamment avec leurs fantassins dont la réputation n'est plus à faire), les alliés grecs se trouvent face à l'armée de Philippe, armée qui n'a connu que des succès depuis 20 ans et ce grâce aux nouvelles stratégies militaire de Philippe (l'armée macédonienne était composée de phalanges et d'une forte cavalerie, c'est cette composition qui fera plus de 1000 morts dans les rangs des athéniens qui comptent alors 30'000 citoyens !!!).

La victoire de Chéronée est un tournant décisif car elle va permettre à Philippe d'asseoir sa domination sur quasi l'ensemble de la Grèce (sauf Sparte qui résista quelques années, mais dont l'influence sera mineure dans la région à cette époque).

Le traitement que réserve Philippe à ses adversaires thébains et athéniens sera loin d'être égal; en effet le Macédonien va faire de Thèbes une cité sujette à tous les égards, il placera une garnison macédonienne au cœur de la cité vers la Cadmée, l'acropole de Thèbes. En revanche Philippe ne poussera pas jusqu'à Athènes, laissera à la ville une relative autonomie et ne touchera pas à son intégrité. Malgré leur sort commun à la bataille, Thèbes et Athènes ne seront, et de loin, pas traité de la même manière.

Le règne de Philippe II est près de son terme en -338 puisque c'est en -336 qu'il est assassiné par Pausanias, mais cette disparition (sur laquelle nous reviendrons plus loin) ne modifiera pas la situation des états grecs et cela malgré quelques soulèvements vite résorbés. En effet, le fils de Philippe, Alexandre reprend le flambeau et se destine à créer l'immense empire que l'on sait.

L'expédition d'Alexandre, qui dura plus de 10 ans, aura un nombre important de conséquences pour le monde grec. D'abord il faut souligner que les Grecs vont jouir d'une relative autonomie de par l'absence de leur souverain macédonien qui reviendra dès -324 (nous verrons pourquoi plus loin).

La période que nous allons étudier et qui couvre les années 336-324 est une époque ou Alexandre ne jouera qu'un rôle effacé du fait de son éloignement géographique, la mainmise macédonienne ne se traduit que par la présence d'un représentant et de quelques troupes, l'occupation est légère. Nous allons étudier quels furent les ténors de la politique athénienne pendant ces années de domination macédonienne. Nous verrons que ce sont des personnages caractéristiques de leur temps, en effet ils sont nés dans la cité quand elle était libre et ils doivent donc renoncer à des principes sacrés tel que l'indépendance pour manœuvrer au mieux dans ce nouveau monde qui est désormais le leur. C'est dès cette période que les structures caractéristiques de l'hellénisme seront mises en place, que l'ensemble des différents royaumes essayeront de tirer leur épingle du jeu, Athènes en tête.

En résumé: Le traité de paix entre Athènes et Philippe est dénoncé par les deux camps. Philippe prépare dès lors l’invasion de la Grèce; Athènes, de son côté, mobilise tous ses alliés et obtient même le soutien des Perses. Utilisant habilement le Conseil delphique où il occupe depuis -346 la place de la Phocide, Philippe Il reçoit de ce dernier la mission de châtier les Locriens d’Amphissa. Il en profite pour occuper Élatée, à deux jours de marche de l’Attique. A Athènes, c’est l’affolement. Mais Démosthène sauve la situation en se faisant l’artisan d’une alliance entre Athènes et Thèbes. C’est le début de la seconde Guerre sacrée.

L’affrontement décisif entre les deux camps a lieu en août à Chéronée, où Philippe Il vainc les forces réunies d’Athènes et de Thèbes. Les Macédoniens sont les meilleurs soldats d’Europe; Athéniens et Béotiens ne font pas le poids. Thèbes capitule. La ligue Béotienne se dissout. Les Athéniens se préparent à défendre les murs de leur cité. Philippe leur impose la paix : alliance avec les Macédoniens et démantèlement de la ligue Athénienne. Heureusement surpris par la clémence du vainqueur, les Athéniens lui accordent la citoyenneté, ainsi qu’à son fils Alexandre.

 
 
 
 
 
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