ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

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Schisme et décadence
 
 

A la mort de Salomon, on pu constater que le régime avait plus d’éclat que de solidité. Son fils Roboam s’étant refusé à abaisser le taux des impôts comme l’en avaient prié les délégués du peuple, une révolution éclata aussitôt. Seules, les tribus de Juda et de Benjamin restèrent fidèles à la dynastie; sur l’initiative de Jéroboam, les dix autres formèrent dès lors le royaume d’Israël; l’unité de l’Etat était à jamais compromise. Le royaume d’Israël qui s’étendait sur le nord du pays était plus vaste que celui de Juda. Il eut d’abord pour capitale Sichern, puis Thirtsa et enfin Samarie; des querelles intestines l’agitèrent constamment, car le principe de l’hérédité de la couronne ayant été abandonné, le trône devint l’objet de rivalités incessantes. Enfin, après 200 ans d’existence, sous le règne du roi Osée, qui avait sollicité vainement la protection de l’Égypte, il succomba sous les coups de la puissante armée d’Assyrie (722-721). La population fut déportée en masse jusqu’en Mésopotamie; on lui substitua des colons assyriens qui s’établirent dans la contrée de Samarie. Le royaume de Juda ne pardonna jamais son schisme au royaume d’Israël; il condamnait la situation religieuse et politique qui en était issue, si bien qu’au temps du Christ les stricts observateurs de la loi de Moïse, pas plus que les Juifs de race pure n’avaient de commerce avec les Samaritains.

Le petit royaume de Juda eut la vie plus longue que son voisin; cela tint à bien des causes diverses: politique avisée des rois, fidélité à la dynastie de David, conscience de la tâche dévolue au « peuple élu », endormie par moment, sans doute, mais toujours prête à se réveiller, orgueil national tellement exclusif qu’il avait isolé le pays et l’avait fermé à toute intrusion étrangère. Aussi les chroniqueurs juifs, auteurs des «Livres des Rois» qui nous donnent un abrégé de l’histoire nationale, ont-ils pu, en concluant le récit de chaque règne, appliquer la formule «il fit ce qui est bien aux yeux de l’Eternel» aux rois de Juda plus souvent qu’à ceux d’Israël. Ils étaient convaincus en effet que le bonheur du roi, comme celui du peuple et du pays tout entier dépendait de la fidélité à Dieu autant que de l’adresse avec laquelle les monarques de ces petits Etats louvoyaient entre les prétentions impérialistes des souverains puissants d’Egypte et d’Assyrie. 

C’est ainsi que le roi Ezéchias (725/24-697/96), ayant «mis sa confiance en l’Eternel», su protéger le royaume de Juda contre la catastrophe qui venait d’engloutir Israël. Irrité parce qu’Ezéchias avait orienté sa politique conformément aux suggestions de la diplomatie égyptienne, le roi d’Assyrie auquel, depuis longtemps, Juda payait tribut, marcha sur Jérusalem à la tête d’une puissante armée et mit le siège autour de la ville. La Bible rapporte, à l’occasion de ces événements, une scène qui nous permet d’apprécier la vertu d’une politique inspirée par des convictions religieuses solides. Ezéchias et le peuple de Jérusalem ayant refusé de capituler, le roi d’Assyrie adressa aux assiégés un manifeste par lequel il leur rappelait ses nombreuses victoires et les pressait de se rendre. Après avoir pris connaissance du document, Ezéchias se mit en prière et, par l’intermédiaire du prophète Esaïe, connut la réponse que l’Eternel adressa, non à lui, mais au roi d’Assyrie:

« Ne sais-tu pas que depuis longtemps j’ai préparé ces événements ?... Maintenant, j’exécute mes desseins; c’est pour cela que tu réduis les villes fortes en monceaux de ruines... Je te vois quand tu t’assieds, quand tu sors et quand tu entres, et quand tu es en fureur contre moi... Et parce que tu es en fureur contre moi et que tes paroles insolentes sont montées jusqu a mes oreilles, je mettrai mon anneau à tes narines et mon mors à ta bouche, et je te ferai reprendre le chemin par lequel tu es venu.»

Cette conception selon laquelle le sort des peuples repose entre les mains du Tout-puissant qui exécute ses projets sans se laisser entraver par l’activité des hommes, donne un démenti flagrant à la théorie des puissants qui prétendent enrôler Dieu dans leurs armées. Sous les murs de Jérusalem, une épidémie décima l’armée ennemie, au point qu’elle du lever le siège et quitter le pays. Sans doute, Juda restait tributaire de l’Assyrie; mais la paix était rétablie. Ezéchias allait pouvoir consacrer ses dernières années à une restauration religieuse.

Sur ce point son oeuvre ne lui survécut pas; ses successeurs remirent en honneur les cérémonies païennes et introduisirent des idoles dans le temple même de Jéhovah. La décadence religieuse s’accompagna de la décadence politique. La désunion affaiblit le peuple de Juda; les uns souhaitaient l’alliance avec l’Egypte, les autres conseillaient le rattachement à la puissante Mésopotamie, mais, quelque étrange que cela soit, aucune voix ne s’éleva en faveur d’une neutralité qui eût permis au petit royaume de rompre toute relation avec des voisins trop puissants.

     

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Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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