ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

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Juges et rois
 
 

Pour être aptes à remplir leur mission, les Enfants d’Israël devaient passer de l’état nomade à l’état sédentaire. C’est ainsi qu’après un long pèlerinage à travers le désert, ils se fixèrent enfin en Canaan, «la terre promise», où leurs pères avaient vécu dans un passé lointain. C’était environ 1200 ans av. J.-C., donc au temps de la «Grande migration». Ils trouvèrent un pays déjà peuplé. Au troisième millénaire av. J.-C., les «Cananéens», Sémites qu’avait amenés la première vague d’invasion sémitique, avaient pris la place des anciens habitants qui occupaient le sol depuis les temps préhistoriques, et ils avaient construit des villes. Vers 2200 av. J.-C., ils durent partager le pays avec de nouveaux immigrants, éléments de la deuxième invasion sémitique. Enfin la migration des Hyksos rejeta d’autres Sémites, comme aussi des Hourris et des éléments indo-européens dans la contrée comprise entre le Liban et la Mer morte et à laquelle on donnait le nom de Palestine, dérivé de celui des Philistins, ses voisins, à l’ouest. Au sud, elle touchait au pays d’Edom; le pays de Moab englobait les contrées accidentées de la Jordanie orientale où les Araméens et les Ammonites avaient trouvé place à leur tour.

Avant de prendre possession de la Palestine, les Hébreux se répandirent dans les contrées montagneuses, encore désertes, de l’Est, et c’est de là que, après avoir franchi le Jourdain, ils s’infiltrèrent peu à peu dans un pays déjà occupé dont ils voulaient se rendre maîtres. Au début, les Hébreux se soumirent à des «Juges» revêtus, tout à la fois, du pouvoir exécutif, judiciaire et militaire, voire même, parfois, et quoiqu’ils fussent généralement des gens de guerre beaucoup plus que des saints, de l’autorité religieuse. Toutefois ces hommes étaient le plus souvent impuissants à dissiper les malentendus, leur autorité étant rarement reconnue par toutes les tribus à la fois. Seul, le dernier des juges, Samuel, su s’imposer à tous. Grâce à sa forte personnalité, il fit d’Israël une nation, réveilla dans sa conscience le sentiment religieux et le délivra de la menace que les Philistins faisaient peser sur lui. Puis il vieillit et ses fils, dont il avait espéré faire ses successeurs, s’en révélèrent indignes; avides et ambitieux, ils se laissaient corrompre et rendaient la justice au mépris du droit. Alors, le peuple réclama un roi; ce désir était en contradiction avec la loi du Sinaï, et Samuel exposa clairement aux Israélites les conséquences qu’entraînerait une modification aussi profonde de leur constitution; mais, éblouis par le spectacle des avantages dont jouissaient les petits royaumes voisins qui leur paraissaient plus puissants, militairement et politiquement parlant, ils passèrent outre à ses exhortations. Ainsi le bien inestimable de la liberté fut, non sans insouciance, sacrifié à des espérances trompeuses.

C’est environ en 1010 av. J.-C. que, dans la tribu de Benjamin, restée plus que les autres fidèle au Dieu du Sinaï, Samuel fit choix de Saül et lui donna l’onction royale. Au début, le nouveau roi se montra à la hauteur de ses fonctions; il fit régner l’ordre et repoussa vaillamment les Amalécites et les Philistins; mais, après deux ans de règne, il devint vaniteux, d’humeur capricieuse, soupçonneux, et commença à poursuivre d’une haine injustifiée le favori de la nation, David; enfin ses revers militaires désillusionnèrent les Enfants d’Israël et, à la suite de la défaite humiliante que lui infligèrent les Philistins, il se donna la mort.

Au spectacle lamentable des défaillances successives de Saül, Samuel, redoutant sa mort tragique, avait pris la précaution d’oindre, par avance, un nouveau roi. Son choix s’était porté sur David, un homme de la tribu de Juda. Le nouvel élu avait attendu patiemment l’heure de monter sur le trône. Quand elle eut sonné, il ne fut, au début, acclamé que par ceux de sa tribu, mais il su bientôt gagner la confiance du peuple entier. Il conquit alors Jérusalem, place forte des Cananéens, qui, située au centre de la Palestine, était, pour les israéliens, une menace constante; il en fit sa capitale qui, par la suite, devint aussi le centre religieux du judaïsme. Par ses victoires sur les Philistins et d’autres peuplades voisines, David assura à son peuple la possession exclusive de la Palestine et rangea sous son sceptre un immense territoire qui s’étendait, selon toutes probabilités, de la Mer rouge au cours supérieur de l’Euphrate, et des frontières de l’Égypte à la Mésopotamie. Des alliances conclues avec l’étranger, notamment avec Tyr, accrurent le lustre du jeune royaume et élevèrent Jérusalem au rang de capitale d’une grande puissance. La faiblesse momentanée, mais totale, qui paralysait, dans ce dernier millénaire av. J.-C., l’Égypte, la Babylonie et l’Assyrie, fut naturellement un atout considérable dans les mains du roi David.

David gouvernait avec fermeté comme avec souplesse; toutefois, les adversaires ne lui firent pas défaut; il en rencontra dans sa propre tribu, voire même dans sa famille: on connaît l’histoire de la révolte de son troisième fils, Absalon, qui tenta d’usurper la couronne. Une fois maître de la révolution qui avait failli lui coûter le trône, David pu jouir d’une vie paisible. Elle ne fut pas exempte de fautes graves; mais après chacune de ses chutes, le roi se raccrochait à l’idéal moral qui était le sien et qu’il désirait communiquer à son peuple. Cet idéal a inspiré au roi-poète des psaumes et des cantiques qui, parvenus jusqu’à nous, sont encore une source d’édification et de consolation, qui invite au repentir et au recueillement.

Quand David mourut, en 966 ou 965, son  fils Salomon hérita de son trône. Le nouveau souverain régna durant 40 ans (jusqu’en 926 ou 925). L’ampleur et l’acuité de son intelligence lui assurèrent une renommée universelle. Ne parlons-nous pas de nos jours encore, des «jugements de Salomon»? Tous les ouvrages de morale des Juifs, postérieurs à son règne, font allusion à son « Livre des Proverbes ». Ses constructions ne lui valurent pas moins de célébrité, qu’il s’agîsse du temple de Jérusalem, déjà projeté par David, de son propre palais, de celui qui abritait son harem ou encore de ses maisons de plaisance. Il n’admettait pas que Jérusalem fût inférieure en magnificence aux résidences des plus grands monarques de son temps. Le peuple d’Israël, accablé sous le poids toujours croissant des impôts, aurait eu le loisir de méditer sur les avertissements que Samuel lui avait donnés jadis; mais l’éclat de la couronne l’éblouissait; il croyait participer à la gloire du souverain dont le mariage avec la fille d’un pharaon était un gage de sécurité et de paix, octroyé par un monarque qui, jamais encore, n’avait renoncé à ses prétentions sur la Palestine. L’alliance que Salomon conclut avec Hiram, roi de Tyr, donna naissance à une grande entreprise commerciale qui attira plus d’un étranger à Jérusalem; mais nul ne s’avisa que cette invasion étrangère, tout comme l’attirance que la prospérité des villes exerçait sur la population des campagnes, introduisait en Israël une mentalité nouvelle. Seuls les prophètes, qui bientôt formèrent, à côté des courtisans et du clergé, une caste nouvelle, osèrent condamner ouvertement ces innovations et faire écho aux plaintes du peuple opprimé.

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Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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