ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

Retour au sommaire

Sommaire >>> Histoire de l'Antiquité  >>> Le peuple d'Israël

Abraham et Moïse, deux nomades
 
 

Tandis que les Phéniciens servaient d’intermédiaires entre l’Orient et l’Occident en transportant à travers les mers marchandises et connaissances, un autre peuple sémitique, les Hébreux, s’engageait dans des voies fort différentes. Les Hébreux font remonter leur origine à Abraham. Ce dernier - probablement contemporain d’Hammourabi et sorti d’Our, en Chaldée - n‘était ni un Sumérien, ni un Akkadien, mais un Araméen, issu d’un rameau sémitique qui, à l’époque, menait encore une existence nomade. A la tête de ses serviteurs et de ses troupeaux, il se sépara de son clan pour s’installer d’abord à Charan, au nord de la Syrie, puis, plus au sud, dans la terre de Canaan. Ses nombreux déplacements furent motivés moins par les exigences de la transhumance que par ses conceptions religieuses, car il fut le premier adepte d’un monothéisme fondé sur une expérience personnelle. Selon le récit biblique, le Dieu unique en qui il croyait récompensa la fidélité d’Abraham en lui promettant une postérité aussi nombreuse que le sable des mers. Cette promesse s'est accomplie, non seulement dans l’ordre matériel, mais encore, et bien plus, sur le plan spirituel, car tous les adeptes du monothéisme: juifs, chrétiens, musulmans, réclament Abraham pour leur père, et leurs différentes doctrines se rencontrent sur deux points essentiels: il n’y a qu’un Dieu unique; celui qui veut le servir ne peut se contenter de pratiquer les rites extérieurs d’un culte, mais doit orienter sa vie selon une loi morale. Abraham doit être considéré comme l’un des plus grands hommes de l’histoire; son influence, son oeuvre, sa doctrine surpassent de beaucoup, tant par leur persistance que par leur portée spirituelle, celles d’un grand nombre de philosophes et d’hommes d’État.

Les descendants d’Abraham continuèrent à mener la vie nomade dont les exigences les obligèrent à se partager en deux rameaux; l’un d’eux resta en Canaan jusqu’à ce qu’une famine l’obligea à émigrer en Égypte, probablement au temps des Hyksos. La grande famille se morcela en tribus qui se rapprochèrent pour constituer un peuple auquel les Égyptiens donnèrent le nom de Haribous, désignant ainsi une classe sociale, non un groupe ethnique; de ce nom, dérive celui d’« Hébreux» qui ne s’appliqua plus à une catégorie d’individus seulement mais devint celui des Israélites; quant à une langue hébraïque, il n’en est fait mention que depuis l’époque où le Christ a vécu.

Il n’est pas possible de préciser le moment où les Israélites dont le nombre allait toujours croissant devinrent à charge aux Egyptiens, mais il est presque certain que ce fut après le départ des Hyksos, lorsqu’en Egypte le sentiment national se réveilla, et l’on est en droit de présumer que le pharaon de la Bible était Ramsès Il; que ce soit lui ou un autre, ce monarque tenta de décimer, sinon d’anéantir, le peuple hébreu par diverses mesures, telles que l’asservissement au travail forcé, l’infanticide, etc.

L’antisémitisme - encore qu’au temps de Ramsès Il seul un petit peuple en fut l’objet - a donc des racines très lointaines (nous vous conseillons la lecture des pages consacrées à l'antisémitisme au Moyen Age pour mieux comprendre). Mais, comme souvent, par la suite, ses manifestations hostiles tournèrent à fin contraire de ce qu’il avait prévu. Le peuple esclave ne rêva plus que d’indépendance et d’autonomie jusqu’au jour où Moïse fit de lui une nation. Cet homme, miraculeusement sauvé de la mort dans les premiers mois de son existence, puis élevé à la cour du Pharaon, se heurta de prime abord à l’hostilité des siens quand il voulut se rapprocher d’eux. L’instruction supérieure qui lui avait été dispensé dans le palais, la méfiance que sa situation de demi-Égyptien lui attirait, tout le séparait d’eux. Le meurtre non prémédité d’un surveillant de corvée, loin de lui concilier la sympathie de ceux en faveur desquels il avait commis son crime, l’obligea à fuir. Réfugié dans la presqu’île du Sinaï, il y mena longtemps, tels ses ancêtres, la vie d’un berger nomade, et, dans la solitude de la steppe, il eut tout le loisir de se préparer à la grande tâche qui l’attendait. Sur le Mont-Horeb, Dieu, Jahvé, l’Éternel (je suis celui qui est) se révéla à lui et le chargea de délivrer son peuple. La tâche n’était pas facile, et l’exilé volontaire qui revenait auprès des siens en avait conscience. L’éloquence de son frère Aaron lui ouvrit le chemin des coeurs, mais ce chemin restait scabreux. Quand enfin Moïse eut persuadé les Hébreux d’émigrer en masse et le pharaon de les laisser partir, il lui restait à vaincre bien des obstacles avant que la confiance du peuple qu’il conduisait à travers le désert lui fût définitivement acquise.

Au pied du Sinaï, le peuple d’Israël reçut de Moïse ses lois et une constitution théocratique à laquelle la foi d’Abraham en un Dieu unique avait servi de fondement: Dieu est le maître et le protecteur de son peuple, prêt à faire de lui une nation sainte, pourvu qu’il accepte de lui appartenir, de le servir et d’obéir à ses ordonnances. Or, il est difficile d’adorer en esprit un Dieu invisible; au désert, les Enfants d’Israël firent un veau d’or et l’adorèrent. Pourtant, à travers les siècles, au milieu des nombreuses divinités qu’adorent les peuples divers, les Hébreux ont eu pour tâche constante de maintenir intacte la croyance au Dieu unique; leur histoire mouvementée nous les montre tantôt heureux, tantôt malheureux, tantôt fidèles ou non à leur foi et à la vocation que la bible leur a donné.

Sommaire du mini-dossier

Page suivante

 
 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
Copyright © Yannick RUB