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Quel est l’objet de l’histoire ancienne ?
L’histoire
ancienne c’est, grossièrement,
l’histoire grecque et romaine.
Il faut bien sûr garder à l’esprit que d’autres nations ont
joué un rôle primordial à cette période. Il serait donc plus
exact de dire que l’histoire ancienne c’est celle qui se bâtit
avec
des sources
grecques ou romaines !
L’aspect temporel
L’histoire de
l’antiquité, donc du monde gréco-romain, commence avec la
période mycénienne
(premier texte d’écriture archaïque) vers 1400 av.J-C.
On pourrait faire remonter ce champs encore plus loin en
remontant à la période minoenne,
il ne s’agira alors plus d’histoire mais de protohistoire,
nous avons bien des documents crétois mais ne sachant pas les
traduire, nous ne pouvons considérer cette période comme
faisant partie de " l’histoire ". La protohistoire peut
remonter moins loin dans d’autres régions, en Helvétie
par exemple. C’est grâce aux romains que divers éclairages
apparaissent sur cette région ; c’est d’ailleurs le cas pour
l’Europe occidentale en général.
En Egypte la
protohistoire remonte encore plus loin, à près de l’an 3000 av
J.-C. L’entrée des peuples dans l’histoire s’est faite à des
moments différents, parfois séparés de plusieurs centaines
d’années. Après la période mycénienne, il y aura régression,
l’écriture disparaît
(vers -1200). Ce seront les Phéniciens
qui, plus tard, permettront une nouvelle émergence
du monde grec, celui-ci leur empruntant leur alphabet. La
période obscure est oubliée. La véritable histoire grecque
(établissement des faits, chronologie, noménation,
institution...) c’est l’époque
archaïque vers -800.
Elle durera trois siècles, le Ve siècle sera un tournant, il
verra l’affrontement du monde grec et du monde perse.
C’est sur la victoire grecque que la période classique pourra
établir ses foncdations. Avec une prééminence politico
culturelle d’Athènes.
A partir du milieu
du IV siècle la montée en puissance de la Macédoine
provoquera une propagation de la civilisation
hellénique , c’est une nouvelle époque : l’époque
hellénistique. Elle se terminera en
-31
par la bataille d’Actium.
Cela ne signifie bien sûr pas que le monde hellénique
disparaisse sous les coups de la conquête romaine, de loin
pas... Pendant toute la durée de l’empire Romain, et peut-être
même au delà, le monde hellénistique survivra (ainsi l’empire
Byzantin qui survivra jusqu’en
1453.)
Pour
Rome il y a un décalage puisqu’elle n’entre dans l’histoire
(selon la définition que nous en avons faite, et en tant que
cité) qu’au VIII-VII siècle av.J-C, soit près d’un
demi-millénaire en décalage au niveau de la protohistoire.
En
-753
Rome est fondée (voir
Tite-Live et son
Histoire Romaine)
La protohistoire italique va durer jusqu’au début de la
République Romaine au V siècle. On ne peut parler d’une
histoire de l’Italie de manière globale; le sud appartenant
aux Grecques, l’histoire y commence au VIIIe siècle déjà.
Au
nord, la civilisation
Etrusque
pose problème en ce qui concerne l’interprétation des sources
car l’on ne sait toujours pas traduire les documents étrusques(les
Etrusques appartiennent donc à la protohistoire). C’est
avec la
République
que Rome fait son entrée dans l’histoire, alors l’histoire
romaine va rapidement s’élargir aux dimensions de l’Italie
(la conquête de l’Italie se fera en à peu près un siècle, en
grande partie réalisée dans le courant du IIIe siècle).
Le monde sémitique de Carthage
(colonie phénicienne)
posera d’autres problèmes. La langue est connue (sémitique-phénicienne)
mais les documents concernant l’apogée de Carthage (donc
avant la conquête romaine) sont peu nombreux. L’important
monde de Carthage n’est connu qu’au travers des sources
gréco-romaines.
Ce
que toutes ces différences signifient, c’est que selon la
région, le regard de l’historien sur une même époque change
considérablement.
L’étape suivante de l’expansion romaine c’est la Méditerranée,
elle aboutira à l’unification de tout le bassin. Désormais le
champ de l’histoire ancienne est clairement établi. Ce sont
principalement les pays côtiers de la Méditerranée qui passent
ce cap de l’évolution. Ce sont donc, une fois de plus, les
peuples vainqueurs qui auront écrit l’histoire.
La fin de l’empire romain
(du
point de vue politico-institutionnelle,
→ dépôt du dernier
empereur romain)
a eu lieu en
476.
Le schisme avait déjà eut lieu en
395.
Dans sa vision de continuation de l’empire romain,
Justinien,
depuis sa capitale de Constantinople, parviendra à
reconquérir une partie de l’empire Romain d’Occident. Pour
lui, la perte de Rome n’était qu’une étape dans l’histoire de
l’empire. Pour ces raisons, certains historiens ont proposé de
repousser à dans le temps la fin de l’empire romain, de le
prolonger jusqu'à l’empire carolingien, qui crée un nouvel
ordre européen, et la montée en puissance des musulmans
(pour des raisons pratiques la date de 476 est conservée, ceci
pour céder la place aux médiévistes dans la recherche
historique, il faut dire aussi que les sources changent :
Chronologies, actes privés... et ce sont là des traits
distinctifs du Moyen Age.).
Les
premiers signes de ce que sera le Moyen Age se décèlent déjà
dans l’empire romain. Et c’est pourquoi certains historiens
aimeraient instaurer une période de transition entre les deux
délimitations. Mais l’important reste bien entendu qu’aucune
période ne soit négligée.
Au
fur et à mesure la philologie pris une importance
croissante. Ce n’est pas le travail à proprement parler des
historiens d’être philologues, pourtant il est du devoir de
l’historien de prendre conscience que les documents sur
lesquels il travaille ont déjà été, auparavant, travaillés par
les philologues. Ce sont les commentaires de ces derniers que
les historiens utilisent ! ! ! |