Au XIII
siècle, alors que les Mongols de la
Horde
d’Or soumettent
la quasi-totalité de l’ancienne Kiévie
(chute de Kiev en
1240),
les principautés russes voient un danger se profiler à l’Ouest :
les Chevaliers teutoniques,
ordre religieux et militaire né pendant les croisades. C’est
à ce moment critique qu’Alexandre Nevski se voit confier la
fonction de prince de
Novgorod. D’autres ennemis que
les Chevaliers teutoniques poussent à l’ouest ; ce
sont les Suédois et les tribus
lituaniennes.
Les Suédois sont défaits, le
15
juillet 1240, sur les bords de la
Neva
(c’est lors de cette victoire
que le prince reçoit son surnom: Alexandre de la Neva), enfin
les Lituaniens, en 1245,
près de Vitebsk, sont à leur tour défaits.
Les
Chevaliers teutoniques envahissent la Prusse orientale et se
lancent dans la germanisation des pays Baltes, mais le
5 avril
1242,
sur les eaux glacées du lac Peïpous ils se heurtent
à la résistance des troupes russes (c’est la « bataille
des glaces ».
La victoire de 1242 sur les chevaliers Teutoniques est considérée
comme décisive, car elle arrête définitivement la poussée
germanique vers l’est (Drang nach Osten),
enfin pour le moment…et décide ainsi de la suprématie
russe sur les peuples slaves, suprématie qui va s’affirmer
au siècle suivant, au détriment de l’Occident.
En
1246 son père, dont le nom imprononçable vous sera épargné,
meurt. Après plusieurs années d’intrigues à Saraï, auprès
de la Horde d’Or, et dans la capitale de l’Empire mongol
(Alexandre s’y est rendu en 1247), il obtient du khân d’être
investi grand-prince de Vladimir (1252). La fidélité
inconditionnelle envers les Tatars devient alors la ligne
politique directrice d’Alexandre (il fera intervenir les
troupes mongoles contre l’un de ses frères,
André ;
il réprimera durement les troubles antitatars à Novgorod. C’est
peu après avoir su éviter une expédition punitive contre la
Russie qu’Alexandre meurt en chemin, revenant de Saraï.
Ses
victoires militaires valurent à Alexandre Nevski une certaine
popularité qu’atteste sa première
Vie, rédigée
probablement par un témoin oculaire des combats. Cette
popularité explique la canonisation du prince
(1547).
La translation de ses reliques à Saint-Pétersbourg
(1723-1724) en fit l’un des héros nationaux de la Russie
impériale. Sa mémoire fut de nouveau évoquée à la veille
de la Seconde Guerre mondiale, comme en témoigne le film de
S.M.Eisenstein,
Alexandre Nevski (1938).