L'assassinat
de l'archiduc d'Autriche
François-Ferdinand à
Sarajevo par un anarchiste le
28 juin 1914
a marqué le début de la Première
Guerre mondiale. La monarchie a
alors utilisé cet événement comme
prétexte à une intervention armée
dans cette région sous influence des
Habsbourg. L'Autriche-Hongrie a
voulu affirmer sa puissance à la
Serbie qui était convoitée par les
Russes. C'était un terrain d'action
vers l'avancée à l'ouest de l'Empire
russe. C'est un affrontement entre
deux puissances : russe et
autrichienne. Il y a la
Triplice
ou Triple
Alliance entre
l'Autriche-Hongrie, l'Allemagne et
l'Italie. A l'intérieur de ce pacte,
ce sont surtout les deux premiers
les plus importants. L'Italie est
une alliée chancelante. C'est une
entente politique et militaire. En
contrepartie de la Triple Alliance,
il y a la
Triple Entente dont la
France, la Grande-Bretagne et la
Russie font partie. L'Angleterre
essaie de se maintenir dans une
neutralité.
Le 23 juillet,
l'Autriche-Hongrie adresse un
ultimatum à la Serbie puis une
déclaration de guerre le 28.
L'Allemagne assure son soutien
inconditionnel. La Russie décide la
mobilisation considérée comme
hostile par l'Autriche. L'Allemagne
s'engage alors dans cette guerre car
elle trouve son intérêt à mettre un
frein à l'expansion de la Russie.
L'Allemagne souhaite briser
l'entente franco-russe. Entre le 1er
et le 3 août 1914, il y a
déclaration de guerre
de l'Allemagne
contre la Russie et la France.
La Grande-Bretagne, après la
violation de la neutralité belge,
s'engage dans la guerre. Ce conflit
concerne l'Europe entière puis les
Etats-Unis en 1917. La révolution
russe s'engage en 1917 et fait
chuter le régime tsariste. La Russie
est obligée de signer une paix
séparée avec l'Allemagne en position
de défaite (paix de
Brest-Litovsk
le
3 mars 1918). L'installation
du régime bolchevique fait peur à
l'Allemagne. L'Allemagne retourne
sur le front de l'ouest et mène des
offensives dans le nord-est de la
France tout d'abord victorieuses (printemps-été
1918). L'état-major allemand est
persuadé que la victoire est là. En
juillet 1918, l'Allemagne va subir
des défaites. Les échecs se
succèdent et elle sera acculée à
l'armistice. Août 1918 sera décisif.
L'Allemagne perd. L'armée allemande
se replie méthodiquement. Cependant
l'Allemagne ne se considérera jamais
vaincue et ce repli va entretenir le
mythe de l'armée
invaincue retournée sur son
territoire à cause des pressions
politiques et non à cause de son
incapacité militaire.
Ludendorff
et
Hindenburg vont restés
auréolés du prestige de chefs d'une
armée qui n'a pas été vaincue mais
trahie par des politiciens. Cette
discordance va créer un fossé entre
l'armée et la classe politique,
notamment la gauche sur laquelle va
reposer la
République de
Weimar. Cette gauche qui
sera rendue responsable de la
défaite. Cela va conditionner
l'évolution de la République.
Bilan de la guerre
Le bilan de la guerre
est lourd. Il y a un changement de
l'opinion. En 1914, on trouve chez
les belligérants une atmosphère de
confiance en soi, croyant que la
guerre sera courte et victorieuse.
Pendant les premiers mois, les
soldats croient que la guerre sera
vite finie mais en 1915 déjà on se
rend compte que se sera une guerre
d'usure, la
guerre des tranchées. Cette
dernière correspond à quelque chose
de nouveau, considéré comme
impossible et qui s'inscrit dans un
ensemble de caractéristiques que
l'on n'avait jamais connu. La
lassitude et la fatigue
s'installent. 1917 sera l'année des
mutineries
très durement réprimées de part et
d'autre. Les troupes et la
population sont épuisées
physiquement et moralement en 1918.
Il y a des soldats dans les rangs
qui ont envie de fraterniser et dans
l'opinion publique, des personnes
qui veulent la paix à n'importe quel
prix. C'est la guerre la plus
meurtrière du point de vue
militaire.
Verdun en est un bon
exemple. Cela se traduit par des
pertes démographiques énormes ce qui
aura une importance sur le point de
vue économique. L'utilisation
d'armes nouvelles a fait grand bruit
comme l'aviation et les armes
chimiques. Les mentalités s'en sont
trouvées changées. Des milliers de
soldats ont eu la santé ruinée.
C'est une génération entière qui
s'est faite massacrée. Les
survivants sont mutilés, estropiés,
blessés et ceci sur toute une
génération. Cette guerre a été
fatale pour le courant de pensée
appelé le
positivisme. Ce courant axé
sur la confiance en le science et
qui dit que l'Humanité ne peut aller
que vers un monde meilleure. L'image
de la guerre trouve une résonance
dans l'histoire de l'art :
l'expressionnisme. L'un des
points marquants est la description
des scènes de guerre avec des
représentations apocalyptiques.
Il faut mentionner
l'aspect économique qui concerne
tous les belligérants qui se
retrouvent fortement affectés.
L'Europe est ruinée, dévastée par
cette guerre. L'économie est axée
sur l'effort de guerre pendant
quatre ans et les pertes matérielles
sont telles que l'ensemble de
l'Europe ne pourra plus faire office
de phare de la civilisation.
L'Europe s'est essoufflée. La
puissance politique et le
rayonnement sont à chercher aux
Etats-Unis mais plus en Europe.
L'Europe devient désormais le vieux
continent. Aucun pays ne retrouvera
sa puissance comme au 19ème
siècle.
Le
Traité de Versailles
Le
traité de
Versailles se divise en
clauses territoriales, économiques
et limitatives de la souveraineté.
La façon dont le traité a été imposé
à l'Allemagne va marquer la
République de Weimar. Pour les
Allemands, ce traité est un
Diktat.
Entre janvier et juin 1919, le
traité est négocié entre les
vainqueurs : la France, la
Grande-Bretagne, les Etats-Unis et
l'Italie. L'Allemagne n'a pas été
conviée à ces négociations. Seule
une délégation allemande a été
convoquée mais seulement le 30 avril
et cela pour se voir imposer des
conditions de paix sur lesquelles
elle avait le droit de faire des
observations. L'Allemagne renvoie
ses observations et rejette en bloc
la plupart des points du traité
jugés inacceptables. Les alliés
redélibèrent sans rien changer et
imposent la version définitive le
16 juin
et donnent 5 jours pour la signer
sous peine de reprise des opérations
militaires. Le
21 juin 1919,
l'Allemagne signe le traité. Cette
délégation sera discréditée dans
l'opinion allemande. Accepter ce
traité revient à une trahison de la
part de la délégation. Ces points
sont déshonorants et un responsable
donne sa démission pour ne pas
signer le traité. Sur le plan
territorial, l'Allemagne, à l'ouest,
va subir des pertes qui vont être
acceptées telles que l'Alsace et la
Lorraine qui seront restituées à la
France. La perte de petits cantons
est acceptée aussi. A l'est, c'est
plus compliqué notamment avec le
tracé de la frontière avec la
Pologne. Le Nordschleswig est
rétrocédé au Danemark, le sud reste
allemand. La Pologne dispose d'un
accès à la mer. Les Alliés tiennent
à recréer une vaste Pologne
indépendante et dotée d'un accès à
la mer. Il va donc falloir prendre
sur le territoire allemand. Une
partie de la Pologne est la Posnanie
et la Haute-Silésie. La population
de ces régions est allemande. Danzig
est une ville libre contrôlées par
la S.D.N.
et elle est entourée par un corridor
qui représente l'accès de la Pologne
à la mer. La Prusse orientale est
séparée de l'autre Allemagne.
L'Allemagne est coupée en deux. Le
port de Memel est attribué à la
Lituanie. Hultschin va à la
Tchécoslovaquie. Les pertes
territoriales à l'ouest seront
acceptées mais les décisions
orientales vont créer des
contestations et vont former des
motifs de mécontentement. La Pologne
va constituer le germe de la seconde
guerre mondiale.
Il y a aussi des
clauses économiques. L'Allemagne
doit se reconnaître responsable de
la guerre. Celle-ci va toujours le
rejeter. Pour les alliés, cet
article justifie la demande
d'indemnisation et de remboursement
des dégâts. L'Allemagne se refusera
de se considérer comme moralement
responsable de la guerre. Le montant
des réparations sera fixé près de
deux ans plus tard, lors de la
grande inflation.
Les dernières clauses
concernent la limitation de la
souveraineté allemande. Celle-ci est
diminuée, mise en cause. Certains
territoires allemands vont être
occupés, soit contrôlés
économiquement. Certaines zones sont
démilitarisées. Les zones occupés
sont la
Rhénanie (rive gauche du
Rhin), Cologne, Coblence, Mayence.
Celle-ci doit être rendue à
l'Allemagne progressivement d'ici
1925. La France a des visées sur la
Sarre. La Sarre va être
provisoirement détachée du Reich et
confiée pour 15 ans à la France. L'Anschluss
est interdit, l'Autriche ne peut pas
s'unir avec l'Allemagne. La France
ne veut pas de la création d'un
puissant état germanique.
Il y a également des
clauses militaires. Le statut de
l'armée est modifié. Il ne pourra
plus y avoir de service militaire
obligatoire. 100 000 hommes sont
autorisés, 15 000 hommes pour la
Marine. Pas de matériel lourd,
l'Allemagne doit remettre ses tanks,
les sous-marins. L'armée doit être
vue comme une police intérieure et
non comme un moyen guerrier. Dans
les zones occupées, on envoie des
commission qui ont certains
pouvoirs. Il y a une commission des
zones occupées, commission de
gouvernement… Toutes ces commissions
sont des atteintes à la souveraineté
de l'Allemagne. Elle se sent dans un
statut de tutelle. Ce statut va
alimenter l'esprit
de contestation envers le
traité de Versailles. Cela crée un
sentiment d'injustice, propre à
alimenter le nationalisme allemand.
Il y a des incapacités de
souveraineté dans les clauses du
traité. La République de Weimar va
porter le sentiment de défaite, de
trahison. La droite alimentera ça
par la propagande. L'état-major
allemand fera pareil (la légende du
coup de
couteau dans le dos). L'armée
allemande a été trahie par la classe
politique qui voulait l'armistice.
Hindenburg présentera les
socialistes comme des traîtres à
l'Allemagne.