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Elle est la fille et héritière de
Guillaume X, dernier duc
d’Aquitaine. Elle deviendra duchesse à la mort de son père
en 1137, la même année elle épousa
à l’âge de 15 ans le futur roi de France
Louis
VII auquel elle apporta le duché d’Aquitaine (qui resta
cependant distinct du domaine royal malgré les attentes
des conseillers
du roi qui, comme
Suger,
avaient envisagé une assimilation rapide de cette principauté
au royaume.). Elle
va accompagner son époux à la deuxième croisade (1147-1149)
et fit scandale en raison de son infidélité
présumée (avec son propre
oncle Raimond de Poitiers,
prince
d’Antioche.).
C’est ce qui aurait poussé Louis VII à ne pas
mener une expédition contre Edesse
qui aurait soulagé la principauté d’Antioche, ce fut
lourd de conséquences puisqu’il aurait pu ainsi lever le
principal danger qui pesait sur la Terre sainte et qu’il ne le
fit pas). Louis demanda le divorce et l’obtint. Aliénor se remaria avec Henri,
alors comte d’Anjou et duc de Normandie. (Il deviendra roi
d’Angleterre en 1154 sous le nom d’Henri
II). Le domaine d’Aquitaine
passait donc sous la domination des Plantagenêt, Aliénor, dont
il semble qu'elle fut peu
attachée à son mari continua d’administrer le duché (elle
maintenait une cour brillante
à Poitiers).
Lorsque
leurs fils se soulevèrent contre leur père ( tantôt
Richard
cœur de Lion, tantôt
Jean
sans Terre ) elle prit parti pour eux. Henri II la
fit emprisonner
dans divers châteaux anglais, en particulier à
Salisbury.
Elle n'en sortit que lorsque
Richard devint roi (en 1189), son
fils lui confia le gouvernement lorsqu’il partit pour la
troisième
croisade (1190). Elle joua
aussi un rôle prédominant dans l’avènement de Jean sans
Terre en 1199 (malgré
les droits éventuels d’Arthur de
Bretagne, fils de son fils aîné).
Elle
dirigea ensuite la résistance royale contre la rébellion des
grands feudataires du duché, que soutenait
Philippe
Auguste. Malgré son âge, elle déploya une
remarquable énergie dans les derniers soubresauts de l’indépendance
aquitaine, qui disparut peu après sa mort
(elle
mourut en l’abbaye de Fontevrault où se trouve encore son
tombeau),
grâce à l’habileté de Philippe Auguste qui exploita les
erreurs politiques de Jean sans Terre.
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