ATRIUM - Histoire du Moyen Âge

Le Moyen Âge est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.

 

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Les successeurs de Charlemagne
 
 

Charlemagne avait donné un dangereux exemple lorsque, en 806, se conformant à la coutume franque, il avait partagé ses Etats entre ses trois fils. L’unité de l’empire fut cependant maintenue par le fait que deux de ses fils moururent avant lui. Louis, que l’on surnomma le Pieux à cause de son zèle religieux et de son dévouement à l’Eglise, était plein de bonne volonté, mais il était, par nature, mélancolique et passif et manquait de suite dans les idées. Quoiqu’il eût été élevé à la dignité impériale du vivant de son père déjà, il se fit couronner à nouveau par le pape Etienne IV. Dans les premières années de son règne, il se révéla législateur actif. En 817, il chercha à régler par un décret la question de la succession au trône. Ses deux fils, Pépin et Louis, furent sacrés rois et reçurent des territoires aux confins de l’empire. Pépin eut l’Aquitaine, Louis «le Germanique», la Bavière et les contrées du sud-est; mais ils restèrent sous la dépendance de leur frère aîné, Lothaire, qui fut désigné comme empereur auxiliaire et successeur. Il était entendu que les deux rois étaient solidaires de l’empereur en tout ce qui touchait aux intérêts généraux de l’empire qui devenait ainsi une sorte de fédération des biens familiaux.

Les malheurs de Louis le Pieux commencèrent lors de son second mariage avec Judith, fille du comte de Bavière, en 819. Cette princesse était extraordinairement ambitieuse et chercha, par tous les moyens, à favoriser, au détriment de ses beaux-fils, son fils Charles (plus tard surnommé le Chauve), né en 823. Elle exigea que le décret de 817 fût révoqué et Charles pourvu d’un territoire dans l’empire. Les trois fils aînés s’élevèrent contre cette prétention. Il en résulta de la confusion et une guerre. Peu de pères ont eu à subir de la part de leurs fils autant d’humiliations que Louis le Pieux. En 833, son armée et celle de ses fils se rencontrèrent à Colmar. Le pape Grégoire IV, venu d’Italie avec Lothaire, comme médiateur, était présent, mais tandis qu’il parlementait avec Louis le Pieux dans son camp, celui-ci assistait au départ de ses gens qui l’abandonnaient pour rejoindre ses fils. Par la suite, on nomma «champ du mensonge» le terrain qui avait vu cet événement s’accomplir. Le roi capitula. Il fut gardé par Lothaire dans une étroite captivité, détrôné et forcé de faire, devant son peuple, dans l’église de Saint-Médard, à Soissons, une confession publique de ses fautes, suivie d’une pénitence solennelle. Il dut déposer ses vêtements royaux et son épée et se laisser enfermer dans un couvent, revêtu de la robe des pénitents. Mais Judith renvoya Lothaire en Italie et le pape Grégoire IV, déçu dans son rôle de médiateur, irrité, repartit pour Rome. De nouveaux troubles éclatèrent bientôt. Louis et Pépin se soulevèrent contre Lothaire dont les visées étaient tout égoïstes, rétablirent leur père dans ses droits et le réhabilitèrent. Cependant la confusion continua de régner. Une complète mésentente subsista entre Lothaire et son père, qui persistait dans son intention de pourvoir Charles le Chauve d’un domaine. Enfin, les frères recommencèrent à se battre. Louis le Pieux mourut en 840 après avoir pardonné à chacun ses torts.

Mais, après la mort du père, des luttes sans fin pour la terre et pour le pouvoir firent rage entre les frères. On eût dit qu’une malédiction les poursuivait pour avoir désobéi au cinquième commandement du Décalogue. Pépin mourut. Dès lors, Louis s’allia de temps à autre avec Charles le Chauve, qu’il avait combattu naguère, contre l’ambitieux Lothaire qui était empereur et prétendait à la possession exclusive de la plus grande partie de l’empire. Les deux premiers battirent Lothaire dans la bataille de Fontanet et se lièrent réciproquement à Strasbourg par un serment solennel qu’ils prononcèrent en présence de leurs armées respectives, Charles, en allemand et Louis, en français, chacun voulant être compris de l’armée de son frère. Les serments de Strasbourg sont d’importants documents linguistiques, intéressant le vieil allemand autant que le français qui se dégageait du latin en tâtonnant. Ils rendent évident que dans l’Empire franc, dont l’unité politique était déjà devenue très problématique, une nation allemande et une nation romane se distinguaient toujours plus nettement l’une de l’autre.

Bientôt après, Lothaire dut céder et l’on en vint au partage de Verdun en 843. L’empire unique fut divisé en trois royaumes distincts: à l’ouest, le royaume de France pour Charles le Chauve, à l’est, le royaume d’Allemagne pour Louis le Germanique et, entre les deux, pour Lothaire, qui conservait la dignité impériale, un Etat intermédiaire s’étendant de la Frise à la Provence et englobant l’Italie. Ainsi fut détruite l’unité de l’empire et un important chapitre de l’histoire de l’Europe fut ouvert. L’Allemagne et la France, les deux principaux Etats de l’Europe centrale, étaient ébauchés et la pomme de discorde pour laquelle ils devaient se battre durant des siècles était déjà jetée entre eux.

Sitôt après la mort de Lothaire, son royaume s’effondra, car il fut de nouveau partagé entre ses trois fils. Louis, l’aîné, obtint la couronne impériale et l’Italie. Il fut un prince énergique qui se signala avant tout par sa lutte victorieuse contre les Sarrasins. Lothaire Il reçut, pour sa part, le nord du royaume paternel qui fut dès lors désigné sous le nom de Lotharingie (Lorraine). Il s’étendit peu à peu sur un territoire beaucoup plus vaste que la Lorraine actuelle, englobant, à peu de chose près, les contrées comprises entre l’Escaut, la Weser et la mer du Nord. Enfin la vallée du Rhône et la Provence revinrent au troisième fils de Lothaire 1er, Charles.

Cependant les bénéficiaires du traité de Verdun continuèrent à se battre. A la première occasion, Louis le Germanique envahit le royaume de Charles le Chauve qui, de son côté, attaqua la Lorraine après la mort de Lothaire Il. En 870, au cours d’une entrevue qu’ils eurent à Meersen, les deux frères parvinrent à un accommodement, mais qui fut sans lendemain. A la fin de sa vie, Charles le Chauve joua de malheur. Il est vrai qu’il se fit couronner roi d’Italie et empereur à la mort de l’empereur Louis, mais ces honneurs ne lui servirent pas à grand-chose. L’année suivante, à Andernach sur le Rhin, il essuya une honteuse défaite que lui infligea un fils de Louis le Germanique (876). Pour finir, il ne compta plus en France et hors de France que des ennemis, au nombre desquels étaient ses propres fils. En 877, comme il revenait d’Italie, il mourut misérablement dans un pauvre chalet des Alpes. Louis le Germanique était mort l’année précédente, après avoir, à son tour, partagé son royaume entre ses trois fils.

Il n’est pas opportun ici de nommer tous les obscurs descendants des Carolingiens en France et en Allemagne. Mais la conférence de Ribemont, en 880, mérite d’être mentionnée comme un fait important. Louis, fils de Louis le Germanique, s’y assura la possession de toute la Lotharingie. La frontière ainsi tracée devait subsister entre l’Allemagne et la France jusqu’à la guerre de Trente ans. Elle courait le long de l’Escaut et de la rive gauche de la Meuse, si bien qu’une partie importante de la France actuelle appartenait au royaume d’Allemagne.

 
 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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