ATRIUM - Histoire du Moyen Âge

Le Moyen Âge est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.

 

Retour au sommaire

Sommaire >>> Histoire du Moyen Âge >>> Le IXe siècle

Les invasions ennemies
 
 

La décomposition politique de l’Empire d’Occident et l’affaiblissement de sa puissance militaire, qui en dépendait, étaient d’autant plus graves que, depuis la fin du VIlle siècle, un danger extérieur se précisait; en effet sur toutes les frontières des peuples barbares remportaient des succès par des agressions violentes et des incursions dévastatrices. C’étaient, au sud, les Sarrasins musulmans; au nord, les Normands; à l’est et au sud-est, les Slaves et les Hongrois. L’Occident chrétien devait-il être victime de l’Islam? ou bien allait-il, comme au temps des grandes migrations, être submergé par des hordes sauvages et perdre sa jeune civilisation, péniblement acquise?

Pendant un siècle, les pirates arabes, qu’on nommait Sarrasins, répandirent la terreur dans les pays méditerranéens. Dès qu’ils furent fermement installés en Crète (825) et en Sicile (827), ils firent à plusieurs reprises irruption sur les côtes et dans les villes du bassin occidental de la Méditerranée, organisant la chasse aux esclaves chrétiens. En 838, ils réduisirent en esclavage tous les habitants de Marseille et établirent près de Toulon une forteresse, la Garde Freinet, à partir d’où ils pouvaient entreprendre, dans un vaste rayon, de continuelles expéditions de pillage.

La vieille Capoue fut détruite; Rome trembla devant eux lorsqu’ils apparurent sous ses murs en 846; ils ne parvinrent pas, il est vrai, à s’emparer de la ville, mais bien à piller l’église des apôtres Pierre et Paul qui se trouvait hors des murs. Le pape Léon IV se vit alors dans l’obligation de ceindre d’une muraille la partie de la ville qui se trouvait sur la rive droite du Tibre, et qui fut appelée dès lors la Città di Leo. Au début du Xe siècle, ils pénétrèrent dans l’Italie septentrionale et se répandirent même par-dessus les Alpes jusque dans les contrées de la Suisse actuelle; ils pillèrent alors l’Evêché de Coire et l’Abbaye de Saint-Maurice.

Les incursions normandes, au nord et à l’est, n’étaient pas moins effroyables et dévastatrices. Depuis la mort de Charlemagne, ces audacieux pillards cherchaient continuellement à prendre pied sur la côte septentrionale de l’Empire franc, dont ils devinrent la terreur. Pourtant, ils ne rencontraient guère d’opposition, car le royaume ne possédait ni flotte, ni armée chargée de la défense des côtes et, avant que le lourd appareil militaire eût été mis en branle, les Normands étaient repartis dans leurs barques rapides. De nombreuses villes du nord de la France, notamment Nantes, Beauvais, Rouen, Paris, ainsi que les territoires de la Lorraine et de la Bourgogne, furent mis à sac. Les Normands s’attaquaient avec prédilection aux églises et aux couvents, assassinaient les moines et les évêques et mettaient le feu aux bâtiments après les avoir pillés. Enfin, ils s’installèrent dans le bassin de la Seine, pour un temps prolongé. Ils atteignirent même la côte occidentale de la France, remontèrent la Loire jusqu’à Orléans et saccagèrent à Tours le sanctuaire de Saint­Martin.

Au IXe siècle, divers peuples slaves qui avaient été repoussés naguère par Charlemagne apparurent à nouveau. Puis, à la fin du IXe siècle, le peuple nomade et sauvage des Hongrois envahit brutalement les plaines de la Tisza et du Danube et répandit bientôt la terreur le long des frontières de l’Allemagne.

Les souffrances causées aux populations par ces incursions ennemies étaient effroyables. Une insécurité générale régnait. Les campagnards se réfugiaient le plus loin possible dans les villes fortifiées. Les ordres religieux eurent aussi beaucoup à souffrir surtout dans les contrées de l’Italie qui furent le plus complètement infestées. Plus le roi renonçait à la résistance, plus les grands, à l’est comme à l’ouest, prenaient, pour leur compte particulier, les mesures nécessaires à la défense de leur terre.

 
 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
Copyright © Yannick RUB