ATRIUM - Histoire du Moyen Âge

Le Moyen Âge est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.

 

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L'Empire s'émiette
 
 

Dans la partie occidentale de l’empire, la décomposition intérieure fit de rapides progrès après la mort de Charles le Chauve. Les grands du royaume s’affranchissaient de plus en plus de l’autorité royale. Au sud du pays, le comte Boso de Vienne se proclama roi d’un royaume de Bourgogne qui comprenait le bassin inférieur du Rhône et dont Arles était la capitale (879). Telle fut la première atteinte matérielle portée à l’intégrité du royaume carolingien de l’ouest. Dix ans s’étaient à peine écoulés, lorsqu’en 888, un comte Rodolphe, issu de la famille des Welf, imita Boso en se faisant couronner à Saint-Maurice, en Valais, roi d’un royaume de Haute-Bourgogne qui s’étendait de l’Aar jusqu’à la Saône. Puis, en 933, les deux royaumes de Bourgogne se trouvèrent unis sous le nom de royaume d’Arles, et rattachés au royaume d’Allemagne en 1033, quoique la majeure partie en fût romane.

Diverses circonstances provoquèrent, une fois encore, mais pour peu de temps, l’union de tout l’empire carolingien dans une seule main, à l’exception pourtant de la Basse-Bourgogne. Dans le royaume de l’est, Charles III, le plus jeune des fils de Louis le Germanique, avait succédé à son père en 876, alors qu’il portait déjà la couronne impériale. Les grands du royaume de France lui offrirent aussi la couronne, au mépris des droits d’un autre Carolingien (884). Le fait qu’ils se sentaient autorisés à choisir leur roi révèle l’effondrement de la puissance royale. Ainsi, Charles le Gros devint pour quelques années empereur d’Occident, non grâce à des aptitudes remarquables, mais à la suite d’un enchaînement fortuit de circonstances. En fait, il déçut toutes les espérances qui reposaient sur lui, car la faiblesse des derniers Carolingiens atteignait chez lui son point culminant, ce qu’il faut attribuer sans doute, dans une certaine mesure, à la maladie dont il était atteint. Charles laissa l’empire s’effondrer et se révéla incapable de tenir tête, tant aux Sarrasins, en Italie, qu’aux Normands qui sévissaient contre l’Empire franc avec plus de cruauté que jamais. Ils brûlèrent, entre autres, Liège, Aix-la-Chapelle, Cologne et Trêves. En 881, il est vrai, ils furent anéantis près de Saucourt par une armée allemande, commandée par Louis III, un autre fils de Louis le Germanique. Le «Ludwigslied » célèbre avec enthousiasme les héros de cette bataille. Mais ce ne fut là qu’un succès éphémère. Les Normands se jetèrent alors sur le royaume de l’ouest, avec une rage accrue; en 885, ils commencèrent à investir Paris qui fut défendu avec la dernière énergie par l’évêque Goslin et le comte Eudes. 

Quand enfin, Charles le Gros se présenta à la tête d'une armée de secours, il ne sut rien faire de mieux que d’acheter la retraite de l’ennemi qu’il autorisa à piller la Bourgogne. La coupe était pleine. En 887, les seigneurs francs, siégeant dans une diète d’empire, déposèrent l’empereur incapable qui mourut quelques semaines plus tard. Alors, une fois de plus, les grands du royaume de France affirmèrent leur droit à élire le roi. D’une façon générale, ils ne voulaient plus d’un Carolingien et choisirent pour souverain le vaillant défenseur de Paris, le comte Eudes, de la famille duquel, plus tard, les Capétiens devaient sortir. Eudes ne parvint pas à s’imposer, grâce à l’égoïsme des grands seigneurs laïques et ecclésiastiques, et, bientôt, un nouveau Carolingien lui fut associé, Charles, auquel fut donné, pour ses capacités, le surnom bien significatif de « Simple ». Aucun de ses actes ne mérite d’être rapporté, mais sous son règne se passa un événement important, dans lequel son rôle fut tout passif: la fondation du duché de Normandie. Il était devenu impossible de chasser les Normands du bassin de la Seine; ils arrivaient en hordes toujours plus nombreuses, réclamant non seulement du butin mais encore de la terre. Ce qui les empêchait de devenir des voisins pacifiques, c’était leur paganisme. Leur chef, Hrolf ou Rollon, le comprit et se fit baptiser sous le nom de Robert, après quoi, il reçut en fief, du roi Charles le Simple, le bassin inférieur de la Seine. Dès lors, les Normands renoncèrent au pillage, s’adaptèrent à leur nouveau milieu et devinrent Français. Et tandis qu’ils s’étaient montrés jusque-là les pires ennemis de la chrétienté, ils adoptèrent le christianisme avec ferveur, comme les Saxons naguère, et travaillèrent bientôt à répandre la culture chrétienne. L’ordre de Cluny et le mouvement des croisades ne connurent nulle part plus de succès qu’en Normandie.

Pendant près d’un siècle encore, le royaume de France resta l’enjeu des luttes qui opposèrent les Carolingiens aux Robertiens. (Eudes était le fils de Robert le Fort qui donna son nom à sa famille.) Un petit-neveu d’Eudes, Hugues Capet, fut porté au trône en 987, par les grands seigneurs ou barons, sans toutefois qu’ils fussent disposés à le reconnaître comme leur maître. Pourtant, Hugues devait être l’ancêtre d’une nouvelle et puissante dynastie royale.

En Allemagne, le droit des grands seigneurs à l’élection du roi entra également en vigueur à la mort de Charles le Gros. Le choix tomba sur Arnoulf, neveu de Charles le Gros, le plus capable parmi les derniers Carolingiens. Il alla chercher en Italie la couronne des Lombards et la couronne impériale. Il fut assez heureux pour remporter sur les Normands une glorieuse victoire, en 891, près de Liège, mais l’année suivante, ceux-ci remontèrent une fois encore le Rhin jusqu’à Bonn et Prüm; puis, enfin, ils laissèrent l’Allemagne en paix. Les entreprises d’Arnoulf à l’est furent couronnées de moins de succès. Non sans peine, il vainquit le grand royaume de Moravie qui s’était formé sous la domination des princes Ratislav et Swatopluk. Pour le malheur de l’Allemagne, il appela les Hongrois à l’aide. A sa mort, le royaume de Moravie tomba entre leurs mains; et, du même coup, l’Allemagne leur fut ouverte; comme autrefois les Normands, ils la terrorisèrent pendant près d’un demi-siècle, recommençant leurs expéditions de pillage année après année.

L’Allemagne était, par malheur, privée d’un chef puissant. Arnoulf avait laissé un fils de six ans, connu dans l’histoire sous le nom de Louis l’Enfant. En réalité, quelques évêques tenaient le sceptre à sa place: Hatto, archevêque de Mayence, les évêques Adalbert, à Augsbourg, et Salomon III, à Constance. Mais, d’une façon générale, le désordre régnait et de sauvages querelles bouleversaient l’empire; rien n’était tenté contre le péril hongrois qui devenait toujours plus accablant. « Malheur au peuple dont le roi est un enfant! » gémissait l’évêque Salomon, exprimant ainsi l’opinion de tous. Ailleurs, il dit: 

«Les petits clament et hurlent. La noblesse et les paysans se surpassent réciproquement en violence. Il est impossible qu’un peuple ainsi déchiré puisse subsister. Mais comment s’étonner? nous n’avons point de roi qui puisse porter remède au mal. Comme les rois des pays chrétiens l’ordonnèrent, on est allé chercher les barbares dans leur propre pays pour les soumettre a un tribut. Maintenant, l’ennemi vient et exige qu’on lui rende ce qu’on lui a pris, mais avec du sang. La faiblesse de l’enfant nous prive d’un prince. L’inconsistance du fruit mal mûr est méprisée par les siens et utilisée par l’ennemi. »

 
 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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