De 1939
à 1942, l’armée allemande
remporta sur tous les fronts une série de victoires dont
quelques-unes furent foudroyantes. De création récente, la Wehrmacht
était une armée dotée de cadres jeunes, fortement mécanisée,
pourvue d’un matériel moderne (chars, avions en piqué ou
Stukas) qui écrasa des adversaires souvent mal préparés.
La Pologne fut battue en moins
de trois semaines. Au printemps
suivant, la France subit le même sort (voir
La
campagne de France). En avril 1941, la Wehrmacht
conquit la Yougoslavie et la Grèce, tandis que l’Afrikakorps
allait appuyer en Afrique du Nord les troupes italiennes.
Après chaque victoire la
diplomatie nationale-socialiste tentait de neutraliser ses
adversaires en proposant des pourparlers de
paix. Cependant, au cours de l’été et de l’automne de
1940, l’aviation allemande subit un premier
échec. Elle ne réussit pas à s’assurer la suprématie
aérienne dans le ciel d’Angleterre,
ce qui obligea les dirigeants nazis à renoncer à leurs plans de
débarquement.
Le 22
juin 1941, le IIIe
Reich, qui disposait désormais du potentiel économique de
territoires peuplés de 290 millions d’habitants, attaqua
l’Union soviétique. Sur ce front également, les
premiers succès furent rapides: en quelques mois, les forces
allemandes étaient devant Moscou, mais elles furent stoppées par
une contre-offensive de l’armée
soviétique.
Au printemps de 1942, une
nouvelle offensive conduisit les armées allemandes, qui
encerclaient Leningrad au nord, jusque sur la Volga et dans le
massif du Caucase au sud. Pas un pays en Europe continentale, Suède,
Suisse et Portugal exceptés, qui ne fût le vassal ou
l’allié de l’Allemagne hitlérienne. Le IIIe
Reich étendait alors sa domination des Pyrénées et de la Crète
au cap Nord, de la Volga à la Bretagne.
L’année 1942
constitue un tournant de la guerre.
Le 8 novembre 1942, les forces anglo-américaines débarquent au
Maroc et en Algérie (en mai 1943 les armées germano-italiennes
sont chassées d’Afrique), mais surtout la Wehrmacht subit, dans
l’hiver 1942-1943, son premier désastre: la VIe armée
allemande est encerclée et détruite à Stalingrad.
À partir de ce moment se succèdent
à l’est une série d’offensives qui permettent à l’armée
soviétique de reconquérir rapidement le terrain perdu. À
l’ouest, tandis que l’Italie mussolinienne s’effondre après
le débarquement anglo-américain en Sicile,
un second front s’ouvre en France le 6
juin 1944. Faisant retraite à l’est et à l’ouest,
les armées hitlériennes, battues sur tous les fronts, se
replient sur l’Allemagne que les Alliés envahissent. Les forces
armées nationales-socialistes finissent par capituler le 8
mai 1945. Le IIIe
Reich a cessé ce jour-là d’exister.
Le
bilan chiffré de la guerre voulue et perdue par le régime
national-socialiste est le suivant: 55 millions de morts, 35
millions de blessés (20 millions de victimes en Union soviétique,
6 millions en Pologne, près de 2 millions en Yougoslavie,
600 000 en France). En Allemagne même on évalue à 4
millions le nombre des tués du fait des opérations de guerre et
à 410 000 celui des victimes civiles des bombardements aériens.
La répression s’est soldée par l’exécution de 200 000
Allemands (civils et militaires).