LE TROISIÈME REICH

On entend par IIIe Reich la période de l’histoire de l’Allemagne qui s’étend du 30 janvier 1933 au 8 mai 1945.  L’expression elle-même, adoptée et imposée par les nationaux-socialistes, reprend le titre d’un ouvrage d’Arthur Moeller van den Bruck: Das Dritte Reich, paru en 1923. Pour cet auteur, le Ier Reich était le Saint Empire romain germanique, le IIe Reich, celui de Bismarck et de Guillaume II (1871-1918), le troisième devant se substituer à la république de Weimar dont il espérait la fin prochaine.  Pour les historiens, le IIIe Reich est synonyme de régime hitlérien, ou régime national-socialiste.

 

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Vers la guerre
 
 

À partir de 1936, la militarisation de l’Allemagne va s’accélérer: tous les jeunes gens sont incorporés dans la Jeunesse hitlérienne (Hitler-Jugend), puis doivent accomplir leur temps dans le Service de travail du Reich (créé le 26 juin 1936). De 100 000 membres en 1932, la Jeunesse hitlérienne est passée à 3,4 millions en 1934, à plus de 8 millions en 1938. Le 24 août 1936, la durée du service militaire avait été portée à deux ans. Le 5 novembre 1937, Hitler exposa à ses plus proches collaborateurs, Göring, von Neurath (ministre des Affaires étrangères) et les chefs de l’armée de terre et de la marine, ses plans en matière de politique extérieure. Il voulait «conquérir un plus grand espace vital pour le peuple allemand [...] en Europe, dans les territoires limitrophes du Reich». Cette solution de force serait réalisée au plus tard en 1943-1945, dès 1938 si les circonstances s’y prêtaient. Les premiers pays menacés étaient désignés: la Tchécoslovaquie et l’Autriche.

Ces projets ne se heurtèrent à des objections de principe ni de la part des milieux industriels – premiers bénéficiaires du réarmement qui accroissait leur puissance et leurs profits – ni de la part des chefs militaires. Cependant, von Blomberg (ministre de la Guerre) et von Fritsch (commandant en chef de l’armée de terre) craignaient que la hâte de Hitler à les réaliser n’en compromît le succès. Ils supputaient la réaction des puissances étrangères et suggéraient une plus grande prudence. Irrité de ce qu’il prenait pour des hésitations ou des atermoiements, Hitler, par des intrigues subalternes, se débarrassa des deux généraux et les remplaça par des militaires plus dociles (Wilhelm von Keitel, Walther von Brauchitsch).

 

Dans d’autres secteurs aussi, la préparation de la guerre de conquête entraîna des modifications. Von Neurath fut remplacé à la tête de la diplomatie du Reich par un national-socialiste bon teint: Joachim von Ribbentrop, tandis que le chef des S.S., Heinrich Himmler, voyait croître ses pouvoirs. Une ordonnance du 17 juin 1936 avait placé toutes les polices sous son autorité. Le 27 septembre 1937 était créé le Service central de sécurité du Reich (Reichssicherheitshauptamt , R.S.H.A.), qui centralisait tout l’appareil de répression et en confiait la direction à Himmler et aux S.S.

 
 
 

Bibliographie

Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

 
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