Parce qu’elle n’a pas
abouti à renverser le régime hitlérien, on a tendance à sous-estimer
l’importance de la résistance sous le IIIe
Reich, à moins qu’on ne la réduise à quelques actions montées
en épingle.
En réalité, la première résistance
et la plus constante a été celle des forces
de gauche et singulièrement des communistes.
Ce sont surtout ces antifascistes qui éditaient des tracts,
ralentissaient ou sabotaient la production de guerre, organisaient
des mouvements de grève, facilitaient l’évasion des
prisonniers ou avaient des contacts avec les déportés du
travail. Ce sont eux qui fournissent aussi, jusqu’en 1944, le
gros des victimes; ont été pendus ou fusillés pour opposition
au IIIe Reich: 1 146
Allemands en 1941, 3 393 en 1942, 5 684 en 1943 et 5 764
en 1944.
La résistance
des Églises n’est venue qu’après. Bien au contraire,
le IIIe Reich a bénéficié
au début d’un préjugé favorable,
voire du soutien actif des
organisations religieuses, et le Vatican a
été la première puissance à entrer en
pourparlers avec le régime national-socialiste (signature d’un
concordat en juillet 1933).
Avec
la guerre, devant les tentatives du pouvoir national-socialiste
pour créer une Église protestante «allemande» et pour trancher
les liens unissant les catholiques allemands à Rome, des
protestations se firent jour dans les rangs des chrétiens.
Quelques ecclésiastiques dénoncèrent courageusement les mesures
d’euthanasie et les procédés d’extermination des Juifs. De
nombreux pasteurs et des prêtres catholiques furent envoyés en
camp de concentration. Il n’est cependant pas
exact de parler de résistance organisée de la part des Églises.