Le Parti
national-socialiste (en allemand: Nationalsozialistische
Deutsche Arbeiterpartei ,
littéralement, Parti ouvrier allemand national-socialiste; abréviation:
N.S.D.A.P.),
ou Parti nazi, n’a pu s’emparer du pouvoir que parce qu’il
avait réussi à devenir un parti de masse,
flanqué d’organisations paramilitaires puissantes, telles les
sections d’assaut (Sturm-Abteilungen ,
ou
S.A.)
qui ont essayé et réussi en partie à s’imposer par la terreur
(massacre des militants ouvriers). Longtemps, ce parti, fondé au
lendemain de la Première Guerre mondiale, ne dépassa guère les
dimensions d’un petit parti qui, aux élections de 1928,
recueillit moins de 3%
du total des suffrages. Avec la
crise
économique qui frappa si durement l’Allemagne en
1929, il s’enfla et remporta ses premières grandes victoires.
Ces succès sont moins dus à
un programme original et précis (les vingt-cinq points du
programme initial, d’ailleurs fort vagues, seront modifiés ou
tout simplement oubliés avant et surtout après la prise du
pouvoir) qu’à un certain nombre d’idées-forces
inculquées inlassablement aux masses par une propagande
habile et simplificatrice. Les nationaux-socialistes promettent
aux classes moyennes ruinées par l’inflation et aux millions de
chômeurs des changements radicaux.
Pour ne donner qu’un exemple: le programme prévoit «la
municipalisation des grands magasins» et «pour
un loyer modique leur mise à la disposition des petits commerçants»,
auxquels «l’État et les municipalités
sont tenus de faire appel pour toutes les commandes qu’ils
passent». Les nazis se disent socialistes, insistent, sans
préciser en quoi il consiste exactement, sur leur anticapitalisme,
se proclament antimarxistes, mais ils
réussissent à obtenir le soutien financier
de puissants groupes industriels – qu’ils rassurent sur
leurs intentions réelles –, nouent alliance avec la droite
classique (front de Harzburg,
oct. 1931), dont ils absorbent par ailleurs une grande partie de
l’électorat (celle-ci ne recueille en juillet 1932 que 8% du
total des suffrages).
Surtout ils mettent l’accent
sur leur nationalisme. Ils
veulent libérer l’Allemagne des contraintes imposées par le traité
de Versailles et promettent aux Allemands un avenir de
grandeur et de prospérité. Dans Mein
Kampf ,
Hitler
annonce aux Allemands «une paix [...]
garantie par l’épée victorieuse d’un peuple de maîtres qui
mettra le monde entier au service d’une civilisation supérieure».
En même temps, les
nationaux-socialistes choisissent des «ennemis»
auxquels ils attribuent la responsabilité de tous les maux dont
souffre le pays: les juifs, les marxistes,
le «système» (c’est-à-dire la république
de Weimar). Hitler explique qu’il faut toujours désigner «un
ennemi visible».
Le national-socialisme semble
avoir atteint son apogée aux élections générales de juillet
1932. Le parti obtient alors 37,3 %
de suffrages (soit 13,7 millions), mais quatre mois plus tard, aux
élections du 6 novembre, le
N.S.D.A.P.
perd 2 millions d’électeurs (11,7
millions, soit 33,1 %), alors que les communistes, qui n’ont
cessé de progresser, en obtiennent 6 millions et que les
sociaux-démocrates recueillent près de 8 millions de suffrages.
Ainsi les voix rassemblées par les deux partis de gauche, profondément
divisés, il est vrai, sont-elles, à moins
de trois mois de la prise du pouvoir par Hitler,
sensiblement plus nombreuses que les voix nationales-socialistes.
C’est alors qu’à la suite
d’intrigues compliquées, dont les acteurs principaux sont, en
dehors du camp nazi, Franz von Papen
et Hjalmar Schacht, qui assure
à
Hitler
l’appui massif et efficace des milieux industriels et
financiers, inquiets à la fois des progrès communistes et des
risques de désagrégation que présente le N.S.D.A.P. (conséquence
du recul enregistré de juillet à novembre), le maréchal Hindenburg,
président de la République, nomme à la chancellerie du Reich,
le 30 janvier 1933, le Führer
du Parti national-socialiste, Adolf Hitler.
L’armée
allemande, la Reichswehr, qui avait durant les quatorze années de
la république de Weimar observé à l’égard du régime républicain
un loyalisme de façade, d’ailleurs
à éclipses, approuva un changement qui signifiait pour elle le
prochain réarmement de l’Allemagne,
ainsi que la reprise d’une politique d’agression et
d’annexion dont l’impérialisme allemand avait dans le passé
donné maints exemples.