LE TROISIÈME REICH

On entend par IIIe Reich la période de l’histoire de l’Allemagne qui s’étend du 30 janvier 1933 au 8 mai 1945.  L’expression elle-même, adoptée et imposée par les nationaux-socialistes, reprend le titre d’un ouvrage d’Arthur Moeller van den Bruck: Das Dritte Reich, paru en 1923. Pour cet auteur, le Ier Reich était le Saint Empire romain germanique, le IIe Reich, celui de Bismarck et de Guillaume II (1871-1918), le troisième devant se substituer à la république de Weimar dont il espérait la fin prochaine.  Pour les historiens, le IIIe Reich est synonyme de régime hitlérien, ou régime national-socialiste.

 

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Le complot du 20 juillet 1944
 
 

Le IIIe Reich n’aurait pu naître et survivre sans le soutien actif de l’armée. Jusqu’à la guerre, et même jusqu’à Stalingrad, il y a eu concordance entre les objectifs de la politique hitlérienne et les conceptions stratégiques globales des chefs de la Wehrmacht. Les désaccords, quand ils existaient, portaient simplement sur les méthodes. Cela explique que l’armée ait accepté sans protester l’assassinat de von Schleicher, le limogeage des généraux Beck, von Blomberg, von Fritsch.

En 1938, un petit groupe d’officiers supérieurs hostiles aux méthodes hitlériennes entra en contact avec des services anglais, mais n’engagea aucune action de résistance réelle. Certes, de nombreux plans furent élaborés dans les années suivantes. Aucun d’eux ne reçut un commencement d’exécution. On invoque d’ordinaire toute une série de hasards ou de circonstances défavorables. En fait, tant que la politique hitlérienne paraissait victorieuse, les chefs militaires refusaient de participer à une action de résistance contre un régime dont ils avaient approuvé jusqu’alors les fondements et les conquêtes. Qui plus est, ces généraux prenaient une part active à ces conquêtes. Ce sont ces «opposants» qui élaboraient les plans d’offensive, commandaient les armées, dirigeaient les services de contre-espionnage des armées hitlériennes et approuvaient, au moins tacitement, les mesures d’extermination contre une partie des populations des territoires occupés quand ils n’y étaient pas directement impliqués.

La résistance des milieux militaires se précisa après Stalingrad, à partir du moment où il devint évident que la guerre était perdue

Le complot du 20 juillet 1944 ne s’explique donc pas d’abord par le désir que les généraux auraient eu de mettre fin au IIIe Reich, mais par le souci de trouver à la guerre une issue qui n’eût pas de conséquences catastrophiques pour l’Allemagne telle que la concevaient les chefs de la Wehrmacht: les conjurés souhaitaient obtenir des Anglo-Américains la garantie de conditions de paix «honorables», qui laisseraient au nouveau régime le bénéfice d’une partie au moins des conquêtes hitlériennes. À l’intérieur, les conjurés imaginaient un système conservateur (étaient prévus, sous certaines conditions, le maintien du Parti nazi et l’interdiction du Parti communiste). En fait, il existait vers la fin de la guerre de nombreux groupes d’opposants, aux conceptions diverses et parfois divergentes, qui se recrutaient essentiellement parmi les officiers généraux, les hauts fonctionnaires, et dont faisaient partie quelques sociaux-démocrates, mais qui ne s’appuyaient sur aucune base populaire. Le plus important d’entre eux est celui qui organisa un attentat contre Hitler et avait élaboré une série de plans pour l’Allemagne d’après le IIIe Reich; il avait à sa tête Karl Goerdeler, ex-bourgmestre de Leipzig, et le général Beck.

Le colonel von Stauffenberg déposa au grand quartier général de Hitler une bombe de faible puissance, le 20 juillet 1944. L’attentat échoua: Hitler ne fut que légèrement blessé. Mais ce qui empêcha la conjuration de réussir, ce furent en premier lieu les hésitations inouïes des chefs militaires qui, après l’annonce de l’attentat, se laissèrent devancer par les contre-mesures rapides des dirigeants hitlériens.

La répression fut brutale et aboutit à l’exécution de centaines de personnes, la Gestapo ayant réussi à «remonter les filières» et à capturer la plupart des conjurés.

 
 
 

Bibliographie

Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

 
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