ATRIUM - L'Âge Classique (1453-1789)

Retraçons ici trois siècles particulièrement riches pour l'histoire de l'humanité. Nous étudierons les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles au travers de divers dossiers et de simples pages s'attachant aux aspects politiques, militaires, sociaux, culturels...

 

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La paix de Nimègue (1678)
 
 

Après cinq ans de luttes, les coalisés n’avaient pris aucun avantage sur Louis XIV; ils étaient épuisés. Les Hollandais, les Espagnols et l’Empereur commencèrent, dès 1677, à négocier à Nimègue. Quant au roi d’Angleterre, il ne s’était décidé que très tard à passer de la neutralité à la guerre contre la France. C’est qu’il continuait à recevoir de l’argent de Louis XIV tout en faisant des promesses au parti national qui le poussait à la guerre. Pour apaiser l’opinion, Charles Il consentit à marier sa nièce, Marie d’York, à Guillaume, le stadhouder de Hollande, et ce dernier à accepter, pour obtenir l’alliance anglaise. Marie était la fille de Jacques, frère du roi. Elle était anglicane, et son frère catholique, remarié avec une princesse catholique, Marie de Modène, aurait succédé à Charles Il qui n’avait pas d’héritiers légitimes. Le mariage avec le stadhouder avait donc pour but d’empêcher qu’un roi « papiste» ne régnât un jour sur l’Angleterre. Tandis que les belligérants négociaient à Nimègue, Charles Il se décida enfin à la guerre contre Louis XIV.

Les pourparlers furent longs parce que si les Hollandais ne souhaitaient qu’une bonne frontière le long des Pays-Bas espagnols et un arrangement commercial avec la France, l’Empereur réclamait le retour aux Traités de Westphalie et l’Espagne à celui des Pyrénées. Quatre traités furent finalement signés à Nimègue: deux, le 10 août 1678, entre Louis XIV et les Hollandais; un, le 17 septembre entre la France et l’Espagne; un, le 5 février 1679, entre l’Empereur, la France et la Suède.

Le traité de paix franco-hollandais stipula la restitution de Maestricht par Louis XIV qui obtint que l’exercice de la religion catholique y serait libre. Le traité de commerce établissait entre la France et les Provinces-Unies une liberté réciproque. Ce fut l’Espagne qui paya. Elle dut céder à Louis XIV la Franche-Comté et une douzaine de places de la Flandre. La nouvelle frontière fut fortifiée par Vauban, le grand ingénieur militaire, et fut comme un bouclier couvrant Paris. Le traité avec l’Empereur assura au roi de France le passage à travers des territoires allemands ou lorrains pour secourir éventuellement ses alliés suédois. La même année 1679, enfin, vit la signature des traités, sous la médiation de la France, entre la Suède d’une part, l’Electeur de Brandebourg et le roi de Danemark d’autre part: l’équilibre baltique était rétabli au profit de la Suède.

      
 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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