Après
cinq ans de luttes, les coalisés n’avaient pris aucun
avantage sur
Louis
XIV; ils étaient épuisés. Les Hollandais,
les Espagnols et l’Empereur commencèrent, dès 1677,
à négocier à Nimègue. Quant au roi d’Angleterre, il ne
s’était décidé que très tard à passer de la neutralité
à la guerre contre la
France. C’est qu’il continuait à recevoir de l’argent
de Louis XIV tout en faisant des promesses au parti
national qui le poussait à la guerre. Pour apaiser
l’opinion, Charles Il
consentit à marier sa nièce, Marie
d’York, à Guillaume,
le stadhouder de
Hollande, et ce dernier à accepter, pour obtenir
l’alliance anglaise. Marie était la fille de Jacques,
frère du roi. Elle était anglicane, et son frère
catholique, remarié avec une princesse catholique, Marie
de Modène, aurait succédé à Charles Il qui
n’avait pas d’héritiers légitimes. Le mariage avec le
stadhouder avait donc pour but d’empêcher
qu’un roi « papiste» ne régnât un jour sur
l’Angleterre. Tandis que les belligérants négociaient
à Nimègue, Charles Il se
décida enfin à la guerre contre
Louis XIV.
Les
pourparlers furent longs parce que si les Hollandais ne
souhaitaient qu’une bonne frontière le long des Pays-Bas
espagnols et un arrangement commercial avec la France, l’Empereur
réclamait le retour aux
Traités
de Westphalie et l’Espagne à celui des
Pyrénées.
Quatre traités furent finalement
signés à Nimègue: deux, le 10 août 1678, entre Louis XIV
et les Hollandais; un, le 17 septembre entre la France et l’Espagne;
un, le 5 février 1679, entre l’Empereur, la France et la Suède.
Le
traité de paix franco-hollandais stipula la restitution
de Maestricht par
Louis
XIV qui obtint que l’exercice
de la religion catholique y serait libre. Le traité de
commerce établissait entre la France et les Provinces-Unies
une liberté réciproque. Ce fut
l’Espagne qui paya. Elle dut céder à Louis XIV la Franche-Comté
et une douzaine de places de la Flandre. La nouvelle frontière
fut fortifiée par Vauban,
le grand ingénieur militaire, et fut comme un bouclier
couvrant Paris. Le traité avec l’Empereur assura au roi de
France le passage à travers des territoires allemands ou
lorrains
pour secourir éventuellement ses alliés suédois. La même
année 1679, enfin, vit la signature des traités, sous la médiation
de la France, entre la Suède d’une part, l’Electeur de
Brandebourg et le roi de Danemark d’autre part: l’équilibre
baltique était rétabli au profit de la
Suède.