ATRIUM - L'Âge Classique (1453-1789)

Retraçons ici trois siècles particulièrement riches pour l'histoire de l'humanité. Nous étudierons les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles au travers de divers dossiers et de simples pages s'attachant aux aspects politiques, militaires, sociaux, culturels...

 

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Le monde en 1661
 
 

La France, pendant tout le règne de Louis XIV, fut le plus puissant des États de l’Europe et le centre de la politique générale. Quand, hors de France, on disait « le Roi », tout le monde entendait qu’il s’agissait du roi de France, le roi par excellence. Il avait d’ailleurs, dès le début de son règne personnel, manifesté avec éclat sa volonté de mettre hors de pair la monarchie française. De Philippe IV, roi d’Espagne, il avait exigé que ses ambassadeurs cèdent partout le pas aux ambassadeurs de France. A Charles II, roi d’Angleterre, il avait dénié le droit d’exiger des navires étrangers le salut au pavillon britannique en mer. «Je saurai, avait-il dit, soutenir mon droit, quoi qu’il puisse arriver.»

Au moment où Louis XIV prend en mains le gouvernement du royaume le plus peuplé de l’Europe, les grands conflits européens semblent apaisés. Les Traités de Westphalie et des Pyrénées font loi; la paix règne dans le Nord, à la seule exception des hostilités qui continuent entre Polonais et Russes.

En Europe orientale, les Turcs maintiennent par les armes leurs conquêtes et restent aux prises avec l’Autriche en Hongrie et en Transylvanie, avec les cosaques de l’Ukraine et du Don, avec la République de Venise dans l’archipel. L’Angleterre a rétabli la monarchie des Stuarts (1660), qui tendent à instaurer l’absolutisme, et, comme les Pays-Bas, devenus une grande puissance, est encore l’alliée de la France. Les cantons suisses, alliés eux aussi du Roi Très Chrétien, lui fournissent des soldats valeureux et s’ouvrent a la civilisation française tout en couvrant la frontière française de l’Est. L’Espagne, malgré ses défaites et la diminution ruineuse de sa population, possède en Amérique l’empire le plus vaste du monde et fait encore grande figure. Ses poètes, ses romanciers, ses dramaturges sont lus, traduits, imités par les Anglais, les Italiens et les Français. L’Italie, morcelée, n’est qu’une «expression géographique » - selon les termes que devait, 150 ans plus tard encore, lui appliquer Metternich -, mais elle reste la terre des grands souvenirs classiques. La Papauté, bien que fort diminuée dans sa puissance politique, exerce dans les arts un généreux mécénat et rayonne d’un grand éclat spirituel jusqu’aux confins du monde.

Aux Indes et en Chine, de grands empires se constituent, tandis que sur les océans et dans les vastes continents qu’ils baignent se perpétuent les rivalités commerciales et les compétitions territoriales qui mettront aux prises les anciens peuples coloniaux, Espagnols et Portugais, et les nouveaux, Hollandais, Anglais et Français. Dans l’ensemble, on aperçoit déjà des progrès dans les relations entre l’Europe et le reste du monde, mais aussi l’annonce de nouveaux conflits qui se dérouleront au siècle suivant sur les champs de bataille d’Europe, d’Asie et d’Amérique.

      
 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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