ATRIUM - L'Âge Classique (1453-1789)

Retraçons ici trois siècles particulièrement riches pour l'histoire de l'humanité. Nous étudierons les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles au travers de divers dossiers et de simples pages s'attachant aux aspects politiques, militaires, sociaux, culturels...

 

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La succession d'Espagne et la guerre de Dévolution (1667-1668)
 
 

La succession d’Espagne était immense. En Europe: l’Espagne, les Baléares, la Navarre, la Sicile, la Sardaigne, le royaume de Naples, le Milanais, la Franche-Comté et les Pays-Bas. Hors d’Europe: la moitié de l’Amérique avec les mines du Pérou et du Mexique; une partie de l’Océanie et des établissements en Afrique. Louis XIV, on l’a dit, ne songeait pas à en recueillir pour lui la totalité. Aussi, dès 1665, à la mort de Philippe IV, fit-il proposer à l’empereur Léopold Ier, gendre comme lui du défunt, un traité de partage qui fut signé en secret, à Vienne, dans la nuit du 19 au 20 janvier 1668. Philippe IV avait eu, d’un second mariage, un fils si malingre, Charles Il, qu’on ne pensait pas qu’il pût vivre; au fait, il mit 40 ans à mourir et ne décéda qu’en 1700. Par le Traité de Vienne, si la succession d’Espagne venait à s’ouvrir par défaut de descendance directe, Louis XIV devait recevoir les Pays-Bas, la Franche-Comté, le royaume de Navarre, les royaumes de Naples et de Sicile, les présides du Maroc et les Philippines; l’empereur, tout le reste.

A cette date, le roi de France avait déjà commencé à se mettre en possession d’une partie de l’héritage, la Flandre, au nom du «droit de dévolution». C’était une coutume du Brabant en vertu de laquelle les enfants nés d’un premier mariage - en la circonstance, Marie-Thérèse, épouse de Louis XIV - étaient seuls héritiers de leurs parents, à l’exclusion des enfants nés d’un second mariage - en la circonstance, Charles Il. La Flandre fut rapidement conquise, en 1667, après quoi Louis XIV invita la régente d’Espagne, veuve de Philippe IV, à reconnaître le fait accompli. Comme elle ne répondait pas, le vainqueur, pour la contraindre à céder, fit occuper la Franche-Comté (février 1668).

Si les prétentions de Louis XIV étaient juridiquement insoutenables, les Hollandais n’en étaient pas moins effrayés des victoires de l’armée française. Mais ils étaient paralysés par la guerre maritime qu’ils soutenaient contre l’Angleterre. Les Anglais, alarmés eux aussi de la présence des Français sur l’Escaut, tombèrent d’accord avec leurs ennemis pour signer la paix à Bréda (juillet 1667). La Hollande et l’Angleterre se rapprochèrent aussitôt et formèrent avec la Suède dont ils achetèrent le concours, la « Triple Alliance de la Haye » (janvier 1668). C’était le commencement des coalitions dirigées contre la France, considérée désormais comme le plus puissant des États, celui contre lequel il fallait se garder. Les Alliés coalisés offrirent leur médiation que Louis XIV accepta sous la menace d’une coalition générale.

La paix fut cependant conclue en dehors des médiateurs auxquels la diplomatie du pape Clément IX avait prêté son concours. A la Paix d’Aix-la-Chapelle (2 mai 1668), ils n’eurent qu’à enregistrer l’accord intervenu à Saint-Germain entre Louis XIV et la régente d’Espagne. Louis XIV gardait ses conquêtes aux Pays-Bas et rendait la Franche-Comté. La paix n’était d’ailleurs qu’une trêve et, déjà, le roi de France songeait à châtier ce qu’il appelait l’orgueil des Hollandais, rivaux du commerce et de la marine de France, et à les « anéantir ».

   
 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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