ATRIUM - L'Âge Classique (1453-1789)

Retraçons ici trois siècles particulièrement riches pour l'histoire de l'humanité. Nous étudierons les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles au travers de divers dossiers et de simples pages s'attachant aux aspects politiques, militaires, sociaux, culturels...

 

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La Réforme en Allemagne

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Luther est né en 1483, la Réforme commence en 1517. Cette dernière est la coupure en deux de l'Eglise catholique romaine, du christianisme occidental. C'est un phénomène mondial, majeur pour l'Allemagne. C'est le seul pays qui va avoir deux religions sur son sol. Normalement, la seule religion d'un pays est celle du Prince. Il y aura deux grosses vagues de combats : de 1517 à 1555 et de 1618 à 1648, c'est la Guerre de Trente Ans. Par la suite, l'Allemagne sera le pays de la tolérance religieuse.

En 1517, Luther a 34 ans et est professeur d'université en théologie. Etant moine, il vit reclus dans un monastère. Il fait partie de l'ordre mendiant de Saint Augustin et s'occupe des pauvres. Luther connaît la Bible par cœur et va voir les problèmes de la société à travers la théologie. Il va y avoir une rencontre entre Luther et le monde (il y a la vie spirituelle et la vie dans la société). Mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'était d'être confronté avec cette société. Luther va vivre en fonction des problèmes de la foi. La Réforme est une secousse majeures qui va avoir des répercussions autres que religieuses.

C'est un monde chrétien, tout en est imprégné. La vision du monde est autoritaire. La représentation de l'au-delà est manichéenne : le Paradis et l'Enfer. Etant donné qu'il y a une peur de la fin du monde, les gens ont besoin de croire en quelque chose. Luther est le premier à le ressentir. Le but du Chrétien est d'entrer au Paradis, il faut donc qu'il prépare son entrée au Paradis. Luther veut savoir quel est le chemin le plus sûr pour le salut et répond donc à une attente.

L'Eglise est une institution très organisée : le Saint Père, puis les cardinaux, les archevêques, les évêques puis les prêtres. Le pape exerce le pouvoir absolu et s'occupe d'affaires temporelles au lieu de s'occuper des affaires spirituelles. Il mélange les deux sphères du pouvoir. On reproche à l'Eglise de ne pas donner l'image qu'elle doit donner. Trois papes sont le parfait exemple de cela : Alexandre VI qui engendra deux enfants (César et Lucrèce Borgia), Jules II le pape guerrier, et Léon X qui dépensait des sommes monstrueuses pour l'art. C'est ce dernier qui va devoir affronter la Réforme.

En 1517, l'archevêque de Magdeburg (Albert de Hohenzollern) voudrait administrer un second archevêché, celui de Mayence. Malheureusement, il faut de l'argent pour "s'attirer certaines bonnes grâces. A Rome, le pape avait entrepris d'ériger la nouvelle basilique Saint Pierre. Tous deux ont donc besoin d'argent. Entre temps, Jacob Fugger, un banquier bavarois, était devenu richissime. L'archevêque de Magdeburg va donc emprunter de l'argent à Fugger. Avec une partie, il va payer le pape et avec l'autre partie, qu'il placera dans un premier temps, il remboursera Fugger. Malheureusement, la somme n'est pas suffisante. L'archevêque a alors une idée: instituer les Indulgences. Ces Indulgences sont des morceaux de papier fournis par l'Eglise et qui permettent d'éviter des années de Purgatoire aux pécheurs. C'est à cela que Luther va s'opposer. Le 31 octobre 1517, le scandale des Indulgences éclate. Le pape, l'archevêque de Magdeburg et le banquier Fugger y sont impliqués. Pour dénoncer cela, Luther va afficher 95 thèses à la porte de la chapelle du château de Frédéric le Sage à Wittenberg. Luther va poser une question essentielle : Qui est le chef de l'Eglise ? On serait tenté de répondre le pape, mais pour Luther, c'est Jésus-Christ. Il remet en cause le fait que le pape estime être le représentant de toute l'Eglise.

Le combat de Luther est monumental. Ce sera l'un des rares "hérétique" à ne pas avoir été exécuté. Le protestantisme, qui a marqué différentes régions, introduit une coupure nord-sud. A la veille de la Réforme, l'Allemagne attendait une... réforme. Le besoin de réforme est liée à l'angoisse de la fin du monde. Il règne un malaise dans la population. Luther n'a pas imaginé qu'il y aurait eu un schisme. L'imprimerie a favorisé la diffusion des thèses de Luther. En plus de ses thèses, Luther a écrit un autre ouvrage important : An den christlichen Adel deutscher Nation : von der Freiheit eines Christenmenschen. Plus Luther lit les Evangiles, plus il voit que l'on ne parle pas d'un pape. Pour lui, le problème se place au niveau de la croyance. La véritable Eglise est l'Eglise invisible. La gravité de la situation n'a pas été prise en compte par l'Eglise et l'absence de réactions va durer quelques années.

Pour Luther, tous les Chrétiens sont semblables. Il veut dire que par définition tous les chrétiens sont prêtres. C'est le sacerdoce universel (Allgemeines Priestertum). Les princes allemands vont soutenir Luther. Pour Luther la liberté est intérieure mais ne donne pas le  droit de se révolter. Luther a des partisans dans toutes les couches sociales. Il va donc s'engager une série de conflits ayant pour résultat la guerre le plus meurtrière qu'ait connu l'Allemagne : la Guerre de Trente ans.

 
 
 
 

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