C'est
à l'aube du XIVème siècle que les Ottomans, venus des confins
de l'Anatolie, firent irruption
dans l'Histoire et que débuta leur extraordinaire épopée. Ils
n'étaient alors qu'un obscur émirat
turkmène aux frontières des mondes byzantin et
islamique. Ils créèrent un Empire qui anéantit Byzance et prit
sa relève. Les Ottomans régnèrent six siècles, étendirent leur
domination sur trois continents et firent trembler l'Europe.
Les Turcs étaient originaires de
l'Asie centrale. Ils avaient fondé
un premier empire, celui des
Seljoukides,
qui fut détruit en
1292
par les Mongols de
Gengis Khan.
L'une des tribus turques, les
Ottomans se déplacèrent alors vers
l'ouest, occupant la Bithynie et
Brousse en 1325. Les Ottomans sont
issus d'une tribu turque d'Asie
centrale appartenant à la branche
Oghuz.
Durant le XIVème siècle, ils se
rendirent progressivement maîtres
d'une grande partie de l'Asie
Mineure, de plusieurs îles grecques
puis, ils attaquèrent les peuples
slaves des Balkans et les soumirent,
ils s'emparèrent notamment de la
Thrace : l'Empire
byzantin fut dès lors réduit à
un petit territoire autour de
Constantinople, qui devait résister
90 ans encore à la pression quasi
incessante des Turcs.
Nous le constatons, l’Empire ottoman fut édifié
lentement, au début du XIVe siècle,
sur les ruines de l’État seldjoukide
d’Anatolie, puis, au XVe siècle,
sur celles de l’Empire byzantin,
l’État ottoman, après la
prise de
Constantinople (29 mai
1453), est devenu l’une
des puissances majeures de l’Europe
et du Proche-Orient. Bien
administré, doté d’une armée solide,
il a constitué au XVIe siècle
et pendant une partie du XVIIe une
menace sérieuse et constante pour
les puissances européennes. Maître
de la Méditerranée, de l’Afrique du
Nord, de l’Europe balkanique, des
pays du Proche-Orient et des rives
de la mer Noire, il est le dernier
des grands empires du Vieux Monde et
peut être considéré comme le
successeur des empires romain,
byzantin et arabe. Sa domination
politique, plus libérale et plus
tolérante qu’on ne l’a dit,
s’accompagne d’une floraison
intellectuelle, et artistique, qui
vaut au règne de
Soliman le
Magnifique une
réputation justifiée.
Faute d’avoir voulu ou d’avoir su
s’adapter aux conditions nouvelles
de l’économie européenne, et plus
spécialement de l’industrie, entouré
de voisins, la Russie en
particulier, jaloux de sa puissance,
l’Empire ottoman a connu à partir
du XVIIIe siècle
des revers qui l’ont amené à
subir la loi de l’Occident sur le
plan économique puis sur le plan
politique. La «question
d’Orient», au XIXe siècle,
a essentiellement consisté dans la
recherche, par quelques États
européens, du
démembrement de l’Empire et
dans le
partage de ses dépouilles.
Cette entreprise a réussi presque
totalement. Cependant, grâce à
Mustafa Kemal,
le territoire anatolien a pu être
préservé et la création de la
Turquie nouvelle, en
1923,
a marqué du même coup la fin de
l’Empire ottoman.