ATRIUM - Histoire du Moyen Âge

Le moyen age est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.

 

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Les Slaves
 
 

A la fin du VIIe siècle, les migrations slaves se trouvaient fixées au bord de l’Elbe, sur les rivages de l’Adriatique et dans le Péloponnèse. Partagés entre Slaves de l’est, du sud et de l’ouest, leurs divers peuples menèrent longtemps encore leur vie de nomades, jusqu’au moment où, spontanément ou contraints par les Germains ou par Byzance, ils se donnèrent une organisation politique et adoptèrent le christianisme. Les Slaves de l’est, en Russie, et les Slaves du sud, dans les Balkans, à l’exception des Croates, ne font pas partie du groupe occidental, de culture latine, mais de celui de l’Europe orientale et doivent être étudiés à part. Au IXe siècle déjà, s’élevèrent entre les diverses tribus des Slaves, au-delà de l’Elbe et de la Saale, Abodrites, Wendes et autres, alors qu’ils choisissaient le lieu de leur résidence, des rivalités armées qui devaient avoir pour conclusion leur assujettissement et leur germanisation. Dès lors, leur histoire se confond avec celle du royaume allemand. En revanche, les rameaux Slaves des Tchèques, des Moraves et des Polonais méritent une attention particulière. Tandis que les Slaves de l’Elbe se montraient politiquement faibles et sans initiative, une activité politique remarquable se manifesta de bonne heure dans le territoire de la Bohème et de la Moravie. Déjà dans la première moitié du VIle siècle, le Franc Samo fonda un royaume qui s’étendait bien au-delà de la Bohème, mais qui disparut avec lui (658). Depuis l’époque de Charlemagne, le territoire de la Bohème et de la Moravie se trouva rattaché à l’empire des Francs par un lien assez lâche. Puis au IXe siècle, sous la domination du prince morave Ratislav (846-870), un grand royaume se constitua qui, outre la Bohême et la Moravie, comprenait la Slovaquie et s’étendait plus loin jusqu’à l’Elbe et à la Saale au nord et à la Tisza au sud. Ainsi les Slaves de l’ouest se trouvèrent rassemblés en un seul Etat national dans lequel, au temps de Ratislav, des missionnaires allemands de Salzburg et de Passau apportèrent le christianisme. 

Quatorze seigneurs tchèques se firent baptiser à Ratisbonne, en 845. Mais, là-dessus, un grave conflit éclata entre missionnaires. Ratislav, obéissant à son antipathie pour la mentalité allemande, demanda à l’empereur d’Orient, Michel III, de lui envoyer quelques missionnaires. Cyrille et Méthode, deux moines d’une haute culture, furent envoyés de Salonique, mais, fort malheureusement pour la cause chrétienne, ils entrèrent en conflit avec les évêques allemands qui voyaient en eux des rivaux. Ils avaient commencé à traduire la Bible en langue slave et célébraient le culte dans la langue populaire, ce à quoi les missionnaires allemands s’opposaient avec violence. Le litige fut porté à Rome, où Cyrille devait mourir, mais Méthode sortit victorieux de la lutte. Cependant, après sa mort, en 885, l’influence allemande devint prépondérante en Bohème et le rite latin fut introduit dans les cérémonies du culte. Les Slaves de l’ouest regardèrent résolument vers Rome et l’Occident, ce qui, à l’époque, avait d’autant plus d’importance que la rupture inévitable entre Rome et Constantinople allait se produire.

L’empereur Arnoulf engagea une lutte à mort contre Swatopulk, successeur de Ratislav et appela les Hongrois à l’aide. Le grand royaume morave succomba sous leurs coups (906); mais la Bohème se releva bientôt de ses ruines et enfanta un nouvel Etat des Slaves de l'ouest, le duché - plus tard royaume - de Bohème. Les Tchèques furent les véritables soutiens de cet Etat dont les souverains appartenaient à la famille des Premyslides. La citadelle de Prague devint le centre d’un Etat et d’une civilisation. 

Les Premyslides se fixèrent deux buts: faire l’unité des Slaves de l’ouest et fortifier la civilisation chrétienne; ils surent atteindre l’un et l’autre parfaitement. Wenzel Ier (920-929), par un accommodement avec le roi Henri l’Oiseleur, régla la question des relations de son duché avec l’Allemagne, dont il reconnut la suzeraineté, et introduisit définitivement son peuple dans le domaine de la civilisation chrétienne de l’Occident. Mais il devait périr assassiné, sans doute victime d’une conjuration dont son frère Boleslav était le chef et dont les membres, encore païens, haïssaient toute influence allemande. Othon Ier jugula la rébellion de Boleslav et rétablit les choses dans leur ancien état. Les missions chrétiennes reprirent leur activité et furent définitivement conduites par l’Église d’Allemagne. Avec l’assentiment du pape et du grand évêque Wolfgang de Ratisbonne, un évêché fut fondé à Prague en 973. Ainsi la Bohème eut son centre ecclésiastique propre, quoique le nouvel évêché se trouvât dans la dépendance de celui de Ratisbonne. Par la suite, les relations avec l’empire devinrent beaucoup moins solides et moins précises.

C’est au Xe siècle que les Polonais entrent vraiment dans le champ de l’histoire. La dynastie des Piastes fonda un Etat qui groupa divers peuples slaves entre l’Oder et la Vistule. Mieszko (960-992), prince capable et qui voyait clairement le but à atteindre, se laissa gagner au christianisme par son épouse tchèque Dubravka, et imposa le christianisme à son peuple. Des raisons politiques semblent avoir pesé d’un grand poids sur ses décisions. En effet, c’est par l’adoption du christianisme que Mieszko pouvait prévenir le plus sûrement le danger allemand, puisque les Allemands ne pourraient plus dissimuler leur ambition de conquête sous le prétexte de se protéger contre des païens ignorants. Toutefois, il semble que Mieszko ail toujours reconnu la suzeraineté de l’Allemagne, et l’évêché de Posen, qui fut fondé sous son règne, fut ensuite placé sous la dépendance de celui de Magdebourg. Ainsi la Pologne se trouva, à son tour, orientée vers Rome et l’Occident, ce qui constitue l’un des faits les plus importants de son histoire. Mais de lui découle un autre fait digne de réflexion: la fissure qui partagea dès lors en deux le monde slave; les Slaves de l’est et du sud (à l’exception des Croates et des Slovènes) entrèrent dans l’orbite de Constantinople dont ils adoptèrent les idées religieuses et la culture, tandis que les Slaves de l’ouest (Tchèques, Slovaques, Polonais) se rattachaient à l’Occident latin.

Les premiers maîtres de la Pologne furent les plus remarquables de tous ceux qui la gouvernèrent au cours de son histoire. Au grand Mieszko succéda un fils plus grand encore, Boleslav Chrobry (c’est-à-dire le Vaillant) (992-1025). C’était un homme d’une énergie puissante et un politicien réaliste et sans scrupule. Il sut utiliser à ses fins propres l’idéalisme stérile de l’empereur Othon III. Avec son assentiment et celui du pape, il fonda l’archevêché de Gnesen, détacha ainsi la Pologne de I’Eglise allemande et donna au pays son propre centre religieux. Des conquêtes militaires furent nécessaires au succès de ses visées politiques et culturelles. Boleslav s’empara de Cracovie, de la Silésie et de la Slovaquie, jusque-là possessions de la Bohème. Après la mort d’Othon III, il pénétra en Allemagne et occupa la Lusace et Meissen, voire même Prague. Il s’ensuivit une guerre de quatorze ans avec l’empereur Henri Il, qui se termina tout à l’avantage de la Pologne. Boleslav, il est vrai, dut reconnaître formellement la suzeraineté du roi d’Allemagne, mais il conserva ses conquêtes. Du côté de l’est, il agrandit aussi son domaine et, pour quelque temps, retint même Kiev sous son sceptre. Ainsi fut constitué un grand royaume de Pologne qui s’étendait de la Baltique à la Moravie et du Boug jusqu’à l’Elbe. Peu avant sa mort, Boleslav compléta son oeuvre en se faisant couronner roi

Mais le jeune Etat n’avait pas une organisation intérieure solide; si bien qu’il s’effondra rapidement dans la confusion qui suivit la mort de ce grand prince.

 
 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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