ATRIUM - Histoire du Moyen Âge

Le moyen age est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.

 

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Othon Ier: Lutte contre les ennemis de l'intérieur
 
 

Quoique Henri eût envisagé la royauté comme une réalité vague et mal définie, d'une main ferme, il avait édifié la structure intérieure de l'empire et en avait assuré les frontières. Son fils Othon, qui avait alors vingt-quatre ans, pouvait prendre le pouvoir avec confiance. La pompe qui accompagna la cérémonie du sacre et du couronnement le prouve. Dans le vieux palais royal d'Aix-la-Chapelle, les ducs et les autres vassaux étaient réunis pour rendre hommage au roi, assis sur son trône. L'archevêque de Mayence, Hildebert, présenta le roi « élu de Dieu, désigné par Henri, choisi par les princes », sur quoi tout le peuple, à grands cris, souhaita bonheur et santé à son nouveau souverain. Là-dessus, l’archevêque de Mayence offrit au roi les insignes du pouvoir et lui donna l'onction, puis l’archevêque de Cologne plaça la couronne sur sa tête. Les solennités de l'Eglise et la consécration religieuse accréditaient donc le nouveau roi d'Allemagne comme naguère les empereurs carolingiens. Après un solennel service d'action de grâce dans la cathédrale, le roi prit place à la « table de fête », comme on disait, en compagnie des évêques et de tout le peuple. Les ducs, eux, assuraient le service: celui de Lorraine, comme camérier, celui de Souabe, comme écuyer tranchant, celui de Franconie, comme échanson et Arnoulf de Bavière comme maréchal. La subordination des ducs à la suzeraineté royale était un fait accompli.

La lutte contre les ennemis de l'intérieur

Et pourtant, les ducs n'avaient pas l'intention de se soumettre en toute chose, comme Othon le souhaitait. Ils ne voyaient dans le roi que le premier parmi eux, ses pairs, tandis qu'Othon poursuivait l'idéal d'une monarchie centralisée comme celle de Charlemagne. Grâce aux dons brillants dont l'avait pourvu la nature, il pouvait compter atteindre un but élevé: les qualités maîtresses des ludolfiens - Liudolf était le nom de l'un de ses ancêtres - revivaient en lui intactes : intelligence, courage, persévérance. Il avait plus d'intelligence et d'ouverture d'esprit que son père; son premier souci n'était plus le patrimoine, le duché de Saxe, mais l'empire; la royauté devait s'assurer la direction des affaires. Dès le début, les puissances ennemies parurent s'être conjurées contre le jeune roi. Avec la mort d'Henri, les Slaves crurent que l’heure de la délivrance avait sonné et les Hongrois se sentirent libres de retourner au pillage. En Bohême, le vieil orgueil dynastique se dressa à nouveau contre l'autorité allemande et les autres Slaves se soulevèrent tout le long de l'Elbe. Quant aux Hongrois, ils firent de nouvelles irruptions et se répandirent dans toute l'Allemagne. Il fallut à Othon de nombreuses années de lutte pour se rendre, avec l'aide de sa fidèle noblesse, maître de ces ennemis de l'empire.

Mais, sur ces entrefaites, un grave conflit intérieur menaça de mettre fin à la royauté. Othon, il est vrai, réussit de bonne heure à vaincre et à bannir le séditieux duc Eberhard, fils du fier Arnoulf, mettant fin ainsi à l'opposition de la Bavière. Mais aussitôt après, une ligue ennemie se forma contre lui. La Franconie se plaignait de nouveau de l'arrogance saxonne. Le duc Eberhard, frère de feu le roi Conrad, celui-là même qui naguère avait généreusement renoncé à la couronne en faveur de Henri de Saxe et lui avait remis, en personne, les insignes du pouvoir, se refusait à comparaître devant le tribunal d'Othon. Au même moment, le plus âgé des demi-frères du roi, Thankmar, se révolta. Naguère, en sa qualité d'aîné, il n'avait renoncé au trône qu'à contrecœur et s'estimait en droit de se battre. Henri, frère cadet du roi, se déclara aussi son adversaire. Il prétendait avoir plus de droit au trône qu'Othon lui-même, parce qu'il était né depuis que leur père portait la couronne. Enfin, l'ancienne félonie lorraine se réveillait. Le duc Giselbert, beau-frère d'Othon, excitait à nouveau le roi de France contre le roi d'Allemagne. Tant d'animosité conduisit à une guerre civile qui mit Othon dans une situation des plus dangereuses. Mais sa vaillance et sa bonne étoile le sauvèrent. Thankmar fut tué. L'année suivante, les bandes ennemies, qui avaient pillé la Westphalie, furent attaquées à l'improviste et défaites de l'autre côté du Rhin qu'Othon avait franchi. Le duc Eberhard de Franconie tomba sous les coups de l'adversaire et Giselbert de Lorraine se noya dans le Rhin (939). Ce fut le salut d'Othon. Son frère Henri se soumit, obtint son pardon et, par surcroît, le duché de Lorraine. Mais, une fois encore, son orgueil se cabra; il prit la tête des Saxons mécontents qui avaient comploté l'assassinat d'Othon. Le projet fut éventé; on arrêta les coupables et on les mit hors d'état de nuire. Henri s'enfuit, puis il sollicita la grâce de son royal aîné et l'obtint, grâce à la requête de leur mère Mathilde, implorant Othon en faveur de son fils préféré. En 941, Othon fêtait Noël à Francfort. Tandis que, entouré de ses gens, il assistait au service divin dans la cathédrale, Henri, pieds nus, en robe de pénitent, se fraya tout à coup un chemin à travers la foule et se jeta aux pieds de son frère en lui demandant pardon. Othon le releva et lui donna le baiser de paix. Ainsi, le grave différend qui avait séparé les deux frères fut oublié et la paix rétablie à l’intérieur du royaume. Une fois de plus, la loyauté l'emportait sur l'obstination, l'esprit chrétien sur les passions germaniques. La scène émouvante de la cathédrale de Francfort portait en elle-même une bénédiction; dès lors, Henri resta loyalement attaché à son frère.

Othon sut tirer parti des expériences qu'il avait faites. Comme ses deux prédécesseurs, il avait été amené à comprendre que les prétentions des ducs à exercer leur pouvoir faisaient peser sur la royauté une menace constante. Il chercha à se rendre maître du danger, mais avec d'autres moyens que ceux qu'avaient employés les rois Conrad et Henri. Il diminua les droits des ducs et les fit passer aux mains de personnes de confiance qui lui étaient attachées par des liens de parenté. Il donna la Lorraine à un seigneur franconien, Conrad le Rouge, auquel il accorda sa fille Liutgard en mariage. Il installa son fils Ludolf en Souabe, tandis qu'il confiait la Bavière à son frère Henri, désormais complètement soumis. Ainsi son frère son fils et son gendre furent les grands vassaux de la couronne d'Allemagne. Quant à la Franconie, le roi la conserva en propre, à coté de la Saxe. Enfin, il installa dans les duchés des comtes palatins, sortes d'agents chargés d'un rôle de surveillants. L'Allemagne n'était plus, comme au temps de Henri ler, une agglomération d'Etats rattachés les uns aux autres par un lien très lâche, elle se rapprochait d'une monarchie centralisée.

Une fois de plus, pourtant, le désordre éclata. Ludolf, le jeune duc de Souabe, réclama publiquement une sorte de participation au pouvoir. Il s'allia avec d'autres princes, le duc de Lorraine notamment, et déchaîna une révolte qui mit le roi en danger, d'autant plus que les Hongrois saisirent l'occasion pour entreprendre une nouvelle expédition de pillage de grand style. La félonie des ducs les poussa à faire cause commune avec les Hongrois. Mais cette trahison fut favorable à la cause du roi par l'indignation qu'elle souleva dans le pays et, bientôt, les rebelles se trouvèrent seuls. Les deux chefs de la révolte, le fils et le gendre d'Othon, firent leur soumission. Le roi les traita avec une bienveillance inaccoutumée; il leur reprit leurs duchés, mais il les laissa en possession de leurs patrimoines. La Souabe fut donnée à Burckhardt, qui épousa alors Hedwig, fille du duc Henri de Bavière; c'était une princesse instruite qui, pendant un temps, avait eu pour maître le moine Ekkehard de Saint-Gall. Quant au duché de Lorraine, Othon en fit cadeau à son plus jeune frère, Bruno, qu'il avait, peu de temps auparavant, élevé à la dignité d'archevêque de Cologne.

 
 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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