ATRIUM - Histoire du Moyen Âge

Le moyen age est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.

 

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Début du royaume d'Allemagne
 
 

A la mort de Louis l'Enfant, qui doit son surnom à ses contemporains déjà, les seigneurs allemands élirent pour roi Conrad, duc de Franconie. Qu'ils aient ainsi passé outre au droit héréditaire des Carolingiens et choisi pour roi un Allemand, alors que la descendance carolingienne n'était pas éteinte, était un acte concerté qui mérite de retenir l'attention. Non sans raison certainement, on a cru voir dans ce choix l'origine du royaume d'Allemagne.

Bien entendu, il n'était encore question ni d'une structure intérieure de ce royaume, ni d'une véritable puissance royale. Le comte René de Lorraine attaqua par surprise le roi Conrad en Franconie occidentale. Conrad lutta vainement contre le rebelle auquel il ne put reprendre que l'Alsace. Puis, il entra en guerre avec les autres ducs, car ceux-ci n'avaient nulle intention de devenir les sujets du nouveau roi, ni de se laisser enfermer dans les limites d'un Etat centralisé à la façon de l'Empire carolingien. Le puissant duc de Saxe, Henri, se montra particulièrement jaloux de ses droits et se révolta. Une bataille, qui eut lieu en Thuringe, s'acheva par une complète défaite du roi. En Souabe, où Burckhardt de Churratie avait pris le titre de duc après une longue période de désordre, une bataille n'eut pas une issue plus heureuse. En revanche, en Bavière, où le duc Arnoulf ne se considérait aucunement comme inférieur au roi, des luttes sanglantes valurent à Conrad de réels succès, mais non une vraie victoire.

La cause profonde de ces luttes était l'alternative en présence de laquelle les ducs se trouvaient placés. Conserveraient-ils leur souveraineté dans le royaume ou seraient-ils réduits au rang de vassaux ? Le roi dépensait une énergie brutale à atteindre ce dernier but, mais la puissance lui manquait pour y parvenir. Le fait qu'il rechercha partout l'appui des évêques, celui de Hatto de Mayence, de Salomon de Constance, son chancelier, voire même celui de la curie romaine, divisa dangereusement l'aristocratie laïque et l'aristocratie ecclésiastique. Au milieu de la confusion générale, les Hongrois parurent. Leurs hordes sauvages dévastèrent la Souabe, la Thuringe et la Saxe et s'avancèrent, au nord et au sud, jusqu'en Lorraine, sans que le roi puisse rien contre eux.

Mais le dernier acte de Conrad et, à vrai dire le seul qui ait eu de la grandeur, révéla qu'il était conscient de son impuissance et nous le montre du même coup homme de bonne volonté et d'honneur. Sur son lit de mort, il décida son frère et héritier, Eberhardt, à se désister et exprima le voeu que son pire ennemi, Henri, duc de Saxe, fût son successeur. Henri (919-936) fut effectivement élu, mais par les Saxons et les Franconiens seulement. C'est la bonne entente de ces deux peuples qui fonda le royaume. Cent ans plus tôt, les Saxons gémissaient sous le joug des Franconiens ; maintenant, une foi commune avait fait d'eux un seul peuple. Quand naquit entre l'Elbe et le Rhin un sentiment de solidarité, il ne fut pas éveillé par le fait d'appartenir à une même race, mais par celui de posséder une foi commune, la foi chrétienne. Des cinq duchés allemands, deux seulement s'étaient soumis au roi. Henri se trouvait devant une lourde tâche qu'il était décidé à mener à bien. Il avait toutes les qualités nécessaires pour susciter un royaume hors du désordre qui régnait alors en Germanie. Quoiqu'il fût fier de son origine de prince saxon, il comprenait l'importance d'un royaume unifié et il était fermement décidé à le réaliser, mais non par les moyens brutaux auxquels son prédécesseur avait eu recours, mais progressivement, avec une persistance tenace et une intelligente modération. Il renonça à se faire couronner et sacrer par l'archevêque de Mayence, peut-être pour ne pas rappeler, dès le début, aux ducs autochtones, la tradition carolingienne détestée. Cependant le haut clergé fut toujours l'appui le plus solide de sa politique. Pour ne pas exposer le reste du royaume, il fit de grandes concessions aux ducs de Souabe et de Bavière qui avaient toujours la main levée contre lui. Il eut des égards tout particuliers pour Arnoulf de Bavière qui régnait en roi et s'était fait garantir l'autorité sur les évêchés. Le duc Giselbert, de Lorraine, fils de René, le rebelle, fit sa soumission au roi Henri. La Lorraine devint un duché d'Allemagne, et la frontière qui fut tracée dès lors entre l'Allemagne et la France subsista jusqu'au XVIIe siècle. A la Lorraine appartenait alors la Belgique actuelle, à l'exception de la Flandre, et les pays rhénans qui touchent à la Westphalie et à la Frise (ils constituèrent plus tard le duché de Basse-Lorraine).

Alors, le roi eut à se battre contre les Slaves, dont les incursions constamment renouvelées bouleversaient l'Allemagne orientale. Les uns après les autres, il assujettit les Heveller et leur capitale Brandebourg, les Daleminzier, sur le territoire desquels Meissen fut fondé et les Tchèques en pénétrant dans Prague, leur capitale. Ce faisant, le roi n'avait, en somme, que perpétué la tradition de sa dynastie qui, depuis longtemps, assumait presque seule la défense des frontières orientales. Mais il avait agi dans l'intérêt des autres princes également et, de la sorte, grandit beaucoup dans leur estime. Les Slaves ne franchirent plus la ligne de l'Elbe. Ils conservèrent leur prince, mais payèrent tribut. Henri ne chercha ni à les coloniser, ni à les christianiser. D'autres tâches pressantes l'attendaient: il fallait délivrer l'Allemagne des Hongrois et soumettre les Danois. Depuis 924, les Hongrois infestaient de nouveau la moitié de l'Europe. Henri ne put les arrêter, mais ses gens réussirent à capturer un Magyar de haut lignage. Il obtint, en échange de ce prisonnier et d'un tribut annuel, neuf années de paix en faveur de la Saxe. Pendant cette période, les Hongrois dévastèrent la Bavière, la Souabe, la Lorraine et, en 926, le couvent de Saint-Gall. Mais le roi employa ces années de répit à s'armer énergiquement. Il construisit en Saxe de nouvelles places fortes, fit ceindre de murailles beaucoup de bourgs et de couvents, plaça d'importantes garnisons dans les forteresses qui, plus tard, se développèrent en centres urbains. Il exerça ses Saxons au combat à cheval. Quand les Hongrois revinrent, au terme de la période de paix, ils se trouvèrent en présence d'un adversaire plus redoutable. En Thuringe, dans la vallée de l'Unstrut, ils essuyèrent une honteuse défaite, en 933. Pour un temps, ils laissèrent l'Allemagne en paix.

L'année suivante, le roi acquit une gloire plus grande encore en écrasant les Danois, jusque-là invincibles. L'Allemagne étendit sa domination jusqu'à la petite rivière Schlei, et la mission chrétienne, riche de promesse, que saint Ansgar avait fondée auparavant, fut rétablie.

Ainsi Henri avait accompli des exploits qui l'élevèrent, au-dessus des dynastes allemands, au rang d'un roi. Sa réputation grandit même hors d'Allemagne. Il exerça une grande influence sur le royaume de Bourgogne et il est possible qu'il se fût bientôt rendu en Italie pour reprendre à son compte la politique romaine des Carolingiens, si la mort ne l'avait surpris. Il mourut en 936, après avoir recommandé son fils Othon au choix de ceux qui éliraient son successeur.

 
 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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