ATRIUM - Histoire du Moyen Âge

Le moyen age est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.

 

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Papes et politique romaine
 
 

Parmi les papes de l'époque carolingienne, Nicolas Ier (858-867) prend un relief tout particulier. Il fut, de toute façon, l'un des papes les plus actifs. Pour lui, la dignité et l'autorité pontificales étaient sans égales, ayant été établies par le Christ:

«Comme représentant du Christ, le pape est le premier parmi ceux qui enseignent, ceux qui font les lois et ceux qui jugent. Aucun concile ne peut lui enseigner quelque chose, aucune puissance n'a le droit de le juger. Le pouvoir civil s'exerce sur le domaine qui lui est propre, celui de l’Eglise, sur le sien, et comme l’Eglise est responsable du salut des âmes, son pouvoir est supérieur au pouvoir civil.»

Avec Nicolas Ier commence la lutte de l’Eglise médiévale contre la tutelle de l'Etat. Elle était une réaction contre la coutume franque de l'Eglise d'Etat, mais elle avait pour point de départ un principe et un programme.

En ce temps-là, L’Eglise fit parfois usage d'armes perfides. Afin de défendre la position du pape et des évêques vis-à-vis des princes, on se permit des supercheries. Dans le royaume de Charles le Chauve, au milieu du IXe siècle, on répandit les « fausses décrétales », collection de prétendues ordonnances pontificales - l'auteur se nomme Isidore Mercator - dont le contenu insiste sur le droit du pape à la prééminence. Les principes et les thèses n'en étaient pas nouveaux, mais, dans la forme sous laquelle on les répandit, elles constituaient bien une mystification. Cette compilation contenait entre autres la fameuse «donation de Constantin».

Ce prétendu document de l'empereur Constantin avait paru pour la première fois dans l'Empire franc sous le règne de Louis le Pieux. Constantin donne au pape Sylvestre, qui l'avait guéri de la lèpre, le palais du Latran, la tiare et la pourpre pontificales et place sous sa domination l'Italie et tout l'Occident. Il transporte sa capitale à l'est, car aucun empereur ne peut régner dans le lieu où siège le chef de la chrétienté. L'authenticité du document fut parfois mise en doute au moyen age, mais ce n'est qu'au début des temps modernes que se révéla la falsification. Quoique la participation du pape à sa rédaction ne puisse être prouvée, il devait servir à légitimer la cession au souverain pontife par les empereurs romains de la domination sur l'Empire d'Occident, et son droit à disposer de la couronne. En fait, ce document a souvent servi par la suite à appuyer les prétentions de L’Eglise à l'hégémonie. Il a beaucoup contribué aussi à jeter un voile sur les luttes des papes contre le pouvoir civil, à déguiser leur ambition et à masquer leurs usurpations. Cependant, la supercherie a joué un rôle beaucoup moindre qu'on ne le lui a attribué. Quand l'Eglise prétendit plus tard à l'hégémonie sur les princes, et que l'autorité spirituelle voulut diriger le monde chrétien, elles obéirent à des idées théologiques, à la conception de la théocratie augustinienne, et du droit conféré à saint Pierre par le Christ de lier et de délier toutes choses ici-bas, beaucoup plus qu'elles ne s'appuyèrent sur un texte suspect.

Le pape Nicolas Ier exerça une grande autorité sur les princes ecclésiastiques et civils. Il agit même avec sévérité à l’égard du fameux, mais autoritaire, archevêque de Reims, Hinkmar, comme à l'égard du roi Lothaire Il, qui voulait répudier son épouse Theutberge et épouser une concubine. Mais ce qui l'élève bien au-dessus de Charlemagne et de tous ceux, laïques ou ecclésiastiques, qui répandirent l'Evangile dans l'Empire franc, c'est qu'il proclama que les païens devaient être amenés à se convertir non par la violence, mais par des exhortations, des encouragements et un enseignement qui fit appel à leur intelligence. Il abolit la pratique de la torture comme contraire aux lois divines et humaines.

Ce pape fut donc un excellent maître et conducteur de la chrétienté. Mais il passa comme un météore dans l'obscurité de son époque, car la ruine de l'Empire franc, dont l'autorité s'était affaiblie en Italie comme ailleurs, entraîna pour l’Eglise et la papauté les pires conséquences. On vit alors nettement combien les exigences des papes s'étaient appuyées sur le pouvoir impérial. A la vérité, Louis Il (fils de Lothaire Ier) qui portait, en Italie, la couronne de roi et la couronne d'empereur, avait combattu vaillamment et avec succès les Sarrasins qui, toujours à nouveau, envahissaient l'Italie et s'avancèrent jusqu'à Rome. Mais il ne put obtenir aucun résultat durable parce que les seigneurs italiens concluaient, en leur nom personnel, des alliances avec les pirates musulmans, et que les rois du nord des Alpes ne lui prêtèrent aucune assistance. Quand Louis fut mort, l'Italie devint la proie de l'ennemi qui ne rencontra presque plus aucune résistance. L'énergique pape Jean VIII tenta alors l'impossible et la flotte qu'il avait équipée parvint à battre les Sarrasins. Mais, lorsqu'il essaya d'organiser parmi les Italiens une ligue défensive, il ne rencontra point d’écho, si bien que, pour protéger les Etats de l'Eglise contre de nouvelles attaques de l’ennemi, il se vit contraint à lui payer annuellement un humiliant tribut.

Ce fut bien pis encore quant la papauté fut entraîné dans le tumulte des partis rivaux qui régnaient en Italie depuis la chute de l'empire et que le trône pontifical devint, pour un siècle, l'enjeu que se disputèrent des seigneurs ambitieux dont aucune considération ne refrénait les passions. La dignité des représentants du Christ fut scandaleusement bafouée.

Les marquis de Spolète furent les premiers qui tinrent en leur puissance plusieurs papes et, par eux, les Etats de l'Eglise. Que ces tyrans ambitieux, Guido de Spolète et, plus tard, son fils Lambert, aient pu contraindre des papes à leur donner la couronne impériale, fait toucher du doigt le degré que la dépendance politique de la papauté avait atteint et combien s'était affaibli l'éclat de l'empire. Deux de ces empereurs-fantômes. Béranger du Frioul et Hugo de Basse-Bourgogne, régnèrent encore. Il ne faut pas s'étonner que des hommes tout à fait incapables aient été placés sur le trône pontifical par le jeu des partis. L'élection des papes n'était encore soumise qu'à des règles très lâches et les seigneurs qui disposaient du pouvoir ne tenaient compte, d'ailleurs, d'aucun droit ni d'aucune tradition, et nommaient qui ils voulaient. Ce furent de faibles et souvent tristes créatures qui, à la fin du IXe siècle et durant la première moitié du Xe, se trouvèrent placées sur le siège de Saint-Pierre par des intrigants et des intrigantes. L'apparition d'un rebutant régiment de femmes compléta le tableau. Théodora et ses deux filles, Marozia et Théodora la jeune, qui tenaient la tête d'un parti à Rome, eurent pendant longtemps une grande influence sur le choix des papes et à la cour pontificale qui était alors le théâtre de scandales et d'intrigues de toute sorte. Un fils de Marozia, Albéric (mort en 954), parvint enfin à s'assurer le pouvoir et son règne ne fut, en fait, pas le plus mauvais. Il gouverna Rome et les Etats de l'Eglise pendant plus de vingt ans en qualité de « patrice, sénateur et prince de tous les Romains ». Les cinq papes qui furent ses contemporains lui furent entièrement soumis et n'eurent aucune puissance, mais ils étaient, au moins, des personnalités honorables et des prêtres dignes. Ils favorisèrent la réforme clunisienne qui, en Italie et au loin, préparait rapidement des temps meilleurs. Albéric lui-même, pieux comme il l'était, en comprit la valeur. Les forces du « bien » n'étaient pas toutes mortes. Cependant, avant leur triomphe, le « mal » devait sévir encore avec violence. Albéric se chargea d'une terrible responsabilité lorsqu'il arracha à ses seigneurs la promesse de porter, après sa mort, son fils Octave au trône pontifical, dès que l'occasion s'en présenterait; car ce choix fut un des plus mauvais que l’Eglise ait eu à déplorer. Pourtant, le roi Othon II sanctionna l'élection de celui qui prit le nom de Jean XII.

 
 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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