ATRIUM - Histoire du Moyen Âge

Le moyen age est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.

 

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Les Hongrois
 
 

Dans les plaines de la Tisza et du Danube, presque complètement dépeuplées depuis l’anéantissement des Avars, se précipita, vers la fin du IXe siècle, le peuple asiatique des Hongrois ou, comme ils s’intitulaient eux-mêmes, des Megy-Eri (Magyars). Ils n’étaient pas indo-européens, mais un rameau des peuples primitifs uralo-altaïques, donc apparentés aux Huns, aux Turcs et aux Finnois. Leur chef Arpad (896-907) rassembla leurs sept rameaux en une sorte d’unité politique et exerça sur eux une puissante autorité. Alors commença l’époque des violentes attaques des Hongrois contre l’Occident, qui durèrent un demi-siècle et répandirent la terreur dans l’Europe occidentale. Les chroniqueurs du temps parlent avec effroi de l’apparition des Hongrois et de leurs moeurs; ils les disent horriblement cruels et laids, des diables à forme humaine. Mais c’est là des portraits comme on a coutume d’en peindre de l’ennemi. En réalité, les Hongrois ne différaient pas des autres hordes de pillards du temps des grandes migrations, mais ils sévissaient de façon effrayante dans les pays civilisés. Là où ils avaient passé sur leurs montures rapides, leur route était jalonnée de cadavres et de ruines fumantes. Comme jadis les Avars, ce qu’ils cherchaient à se procurer, ce n’était pas le sol, mais du butin. Ils pénétrèrent en Lombardie à l’aurore du Xe siècle, mirent fin à la Marche allemande de l’est, battirent les derniers Carolingiens d’Allemagne et pillèrent le sol allemand année après année. Le couvent de Saint-Gall, entre autres, fut attaqué à l’improviste par une troupe de Hongrois en 926.

Les Allemands apprirent à se défendre momentanément contre ces cavaliers rapides, armés d’arcs et de flèches, puis Henri l’Oiseleur parvint à les écraser dans la bataille de l’Unstrut en 933. Mais vingt ans plus tard leur essaim reparut. Ils assiégèrent Augsbourg qui fut défendue vaillamment et avec succès par l’évêque Ulrich. Là-dessus, ils essuyèrent sur les bords du Lech une défaite définitive que leur infligea l’armée du roi Othon Ier (955). On dit que sept rescapés seulement regagnèrent la Hongrie. Les Magyars se virent contraints d’adopter des moeurs pacifiques. Presque complètement encerclés par des nations chrétiennes, ils n’auraient pu se maintenir avec leur mentalité de fils de la steppe. Leur prince Geza (992-997) se fit baptiser avec son fils Wajk (Etienne). Geza appela d’Allemagne des missionnaires et, dans les années qui suivirent, le rattachement de la Hongrie à la communauté des peuples de l’Occident s’accomplit; mais ce fut le grand roi Etienne, fils de Geza, qui prit les mesures décisives en faveur de la christianisation et de l’européanisation de son peuple. Son père l’avait marié à Gisèle, fille du duc de Bavière, futur roi Henri Il. Ce mariage représenta pour lui un lien solide avec l’Occident et l’Empire d’Allemagne. Grâce à Etienne, la Hongrie fut incorporée définitivement au monde occidental et chrétien. La tradition hongroise et orientale s’unissait, chez le jeune roi, à l’admiration pour la civilisation allemande et le christianisme; son rattachement à l’Allemagne fut d’abord un acte personnel, mais il résolut de l’imposer aussi à son peuple. Il était bien la personnalité désignée pour cette tâche en sa qualité de prince énergique, intelligent, amateur de culture.

Son premier soin fut d’introduire en Hongrie l’influence de l’Eglise romaine. Chrétien convaincu, très exigeant pour lui-même, Etienne était décidé à mener à bien la conversion de son peuple. Il dut commencer par étouffer une révolte des Hongrois encore attachés à leurs conceptions païennes. Il construisit des églises, créa des couvents de Bénédictins, appela d’Allemagne de nombreux clercs qui l’aidèrent à organiser l’Église de Hongrie; mais, d’un autre côté, il eut l’intelligence d’affranchir son pays de la dépendance de la Métropole en obtenant du pape Sylvestre Il la création de l’archevêché de Gran. Ainsi la Hongrie eut son centre ecclésiastique propre, ce qui l’aida considérablement à devenir un Etat autonome. En effet, la dépendance du Saint-Siège, qu’Etienne avait cherchée, n’équivalait qu’à une très faible dépendance politique et une couronne royale en or qu’il reçut du pape fut pour lui d’un prix inestimable. Le 15 août 1001, il fut couronné à Gran.

La Hongrie était devenue un royaume au caractère chrétien bien net et qui affirmait sa prétention à l’autonomie. Le pape pourvut encore Etienne du titre de «roi apostolique» et lui accorda d’importants privilèges dans le domaine ecclésiastique. Etienne se préoccupa aussi de la vie économique du pays. Il mena à bien la conquête de la Transylvanie. Il imita l’Allemagne sur le plan de l’organisation militaire, sociale et juridique qu’il confia à des Allemands. Plusieurs seigneurs d’Allemagne de la suite de Gisèle l’avaient accompagnée en Hongrie, d’autres y furent appelés en grand nombre. Ils formèrent le noyau de la chevalerie et de la future noblesse hongroise. Le système féodal de l’Occident fut adopté; les relations de propriété et de droit furent modifiées conformément à ses coutumes. Le pays fut divisé en vingt-cinq comtés; la forteresse qui servait de centre à chacun d’eux fut souvent le noyau d’une ville. Le roi protégea les paysans libres au moyen de lois très nettes. La façon dont il assura l’indépendance de la Hongrie, tout en ouvrant largement la porte à la culture étrangère, parle en faveur de son énergie politique et de sa largesse d’esprit. Il comprit parfaitement la situation des Hongrois à la recherche d’une civilisation et qui avaient besoin de l’étranger pour se dégager de leur mentalité. Avec insistance, il recommanda à son fils de respecter les étrangers et d’apprendre à connaître leurs différentes langues, leurs coutumes, leurs doctrines et leurs armes. «Car un royaume qui ne connaît que sa langue et ses moeurs est faible et fragile.» L’évolution qui fit de la Hongrie un État autonome, national et chrétien, comme son rattachement à l’Occident, est l’oeuvre d’Etienne Ier, le Saint. 

Cependant, le royaume resta menacé intérieurement par les réveils du paganisme et de la tradition asiatique qui n’étaient pas encore complètement déracinés, si bien que, peu après la mort d’Etienne déjà, il connut de sérieux revers.

 
 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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