ATRIUM - Histoire du Moyen Âge

Le moyen age est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.

 

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Français, Allemands et Italiens
 
 

On peut regretter la chute de l’Empire franc qui fut, en Occident, le premier État chrétien, mais il semble que cette chute se produisit alors que le rôle qu’il avait à tenir dans l’histoire était joué, et les conséquences de sa longue durée demeurent importantes. Il avait groupé les peuples dispersés de l’Europe et mis de l’ordre dans la confusion générale. Il avait donné aux Germains une éducation politique et, de la sorte, rendu possible le développement futur d’un nouvel Etat. Il avait introduit le christianisme - non sans violence parfois - dans de vastes contrées. Par un enseignement bien compris, il avait ouvert aux populations la voie qui devait les élever à un plus haut degré de civilisation. Il avait barré la route à l’Islam, et, non seulement, il avait vaincu les barbares du nord et de l’est, mais il les avait gagnés à la mentalité de l’Occident ou, tout au moins, avait préparé leur structure morale. Ce fut le mérite de l’Eglise et de l’Empire des Francs, par conséquent, d’avoir uni par un lien spirituel les peuples de l’Occident, lien solide qui subsista alors que l’édifice politique s’écroulait.

En effet, l’Empire carolingien se divisa; des nations distinctes se dessinèrent, quoiqu’elles aient parfois au début connu un profond bouleversement, et tendirent à acquérir leur individualité culturelle et nationale. A peine pressent-on alors quelques indices d’un sentiment national, à moins qu’on ne tienne pour tel la conscience d’appartenir à une même race; mais les peuples se détachaient les uns des autres peu à peu, séparés par la langue, par la culture, par les buts politiques. Nous allons passer rapidement en revue ce qu’il en fut dans les diverses régions de l’ancien Empire des Francs.

A l’ouest naquit la nation française. Un fond celtique, l’invasion des Francs, une organisation germanique, la perpétuation de la culture romaine, une langue romane, sont les éléments qui constituèrent la nation nouvelle. Les Normands se fondirent très vite, tant physiquement qu’intellectuellement, dans le peuple qui les avait accueillis et devinrent des Français. Au XIe siècle déjà, leur dialecte nordique était en voie de disparition. En outre, il advint que la France posséda, dès le début, avec l’Ile de France et Paris, un noyau central qui devait exercer une force d’attraction considérable, comme le démontre l’étude de l'histoire de France. Dès la rupture, l’est présente presque uniquement des caractères allemands. Les coutumes de l’ancienne Germanie reparurent parmi la masse, à mesure que s’affaiblissait l’Empire carolingien et sa juridiction. Le vieux droit coutumier fut remis en honneur. Un fait important est le rétablissement, à la fin du IXe siècle, des anciens duchés que Charlemagne avait anéantis. Il y eut de nouveau des ducs en Saxe, en Franconie, en Souabe, en Bavière, en Lorraine. Mais si un certain particularisme se réveillait, il n’en reste pas moins que l’Empire franc avait inoculé aux Germains le besoin d’une appartenance commune; le péril hongrois fit le reste pour provoquer l’aspiration à un pouvoir central. Toutefois, l’Allemagne devait être, non un royaume héréditaire, mais un royaume électif, conformément à l’ancienne coutume germanique. Les grands seigneurs réclamèrent à nouveau le droit de choisir le roi. A la chute de l’Empire, les Allemands réussirent à fonder un puissant royaume qui leur assura un avantage politique et leur conféra, pour des siècles, la prédominance.

C’est peut-être l’Italie qui eut le plus à souffrir de la chute de l’Empire franc; elle resta politiquement morcelée et exposée aux influences du sud et du nord. Mais sur le sol de l’Italie, grâce à des conditions analogues à celles que nous avons constatées en France, une nouvelle nation, la nation italienne, commença à se développer. Sans doute, la langue italienne, issue du bas-latin, n’eut pas d’emblée une grande importance; pendant des siècles, elle mena, à côté du latin, une existence obscure. La grandeur et la puissance de l’Italie tenaient à l’Eglise et à Rome, où se maintenait la tradition de la Rome antique, malgré le désordre qui régnait alors. On ne peut nier que l’Eglise ait entravé la formation d’un Etat italien. Mais l’Italie lui doit aussi d’avoir été le berceau de la pensée occidentale, ce qu’un Etat lombardo-italien n’aurait pu être.

Cependant les nations qui s’ébauchaient peu à peu sur le territoire de l’ancien Empire des Francs ne représentaient pas tout l’Occident. Celui-ci gagnait du terrain et englobait, dans son domaine, moins par des moyens politiques que grâce à la vertu qui permettait à l’Eglise d’unir les populations sur le plan spirituel, une foule d’autres peuples qui, du IXe au XIe siècle, s’individualisèrent de façon toujours plus nette. L’histoire de leurs débuts est esquissée brièvement dans les pages suivantes.

 
 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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